C'est une spécificité française ! Sous le musée du Louvre, un accélérateur de particules est entièrement dédié à l'analyse des objets du patrimoine. Les informations récoltées grâce à lui peuvent par exemple s'avérer indispensables au moment de la restauration des œuvres.

Statuette du trésor des bronzes de Bavay, analysée par Aglaé l'accélérateur de particules du Louvre
Statuette du trésor des bronzes de Bavay, analysée par Aglaé l'accélérateur de particules du Louvre © Christophe Hargoues / C2RMF / CNRS Photothèque

Statuettes en bronze, bijoux médiévaux, objets préhistoriques : l'accélérateur de particules Aglaé peut dévoiler les processus de fabrication ou l'origine de toutes sortes d'objets. 

Après 30 ans de service, Aglaé vient de subir une cure de jouvence. Dans sa version moderne et automatisée, il pourra être utilisé de jour comme de nuit. L'accélérateur est installé sous le Louvre, sous le jardin des Tuileries. 

Claire Pacheco, responsable de l'accélérateur Aglaé

Avec Aglaé, je fais de l'analyse sur les œuvres sans rien détruire

L'accélérateur produit un faisceau très fin de particules , des  noyaux d'hydrogène et d'hélium, qui en pénétrant la matière produisent d'autres réactions: des rayonnements et de nouvelles particules. C'est l'analyse de ces émissions qui permet aux scientifiques de dévoiler la composition fine de la matière étudiée. Aglaé "déshabille" en quelque sorte les œuvres d'art. Il révèle les éléments chimiques un à un.

Les statuettes du trésor des bronzes de Bavay sont analysées avec Aglaé
Les statuettes du trésor des bronzes de Bavay sont analysées avec Aglaé / Christophe HARGOUES / C2RMF / CNRS Photothèque

L'accélérateur étudie en ce moment le trésor de Bavay, un ensemble de 350 pièces en bronze retrouvées cachées en 1969 par un chanoine dans un sac à Bavay, entre Valenciennes et Maubeuge.  Dans le lot, de petites statues de divinités romaines comme Jupiter ou Minerve qui posent encore beaucoup de questions à  la directrice du forum antique, Véronique Bernard-Marie :

Comment le trésor a été constitué?  Pourquoi il a été enfoui là ? D'où viennent les pièces ? 

Dans cette enquête, Aglaé aidera en particulier les chercheurs à déterminer l'origine des incrustations et leur composition chimique précise : l'or des yeux, l'argent des dents, le cuivre ajouté sur la bouche pour rehausser la couleur du bronze dans un souci de réalisme. 

Benoit Mille archéo-métallurgiste au Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France :

Les statuettes ont été enfouies, les métaux sont corrodés, altérés. Aglaé nous permet de reconstituer la composition initiale des objets et de savoir s'il y a eu un ou plusieurs ateliers de fabrication

Ces informations peuvent aussi s'avérer indispensables au moment de la restauration des œuvres dont est chargé le C2RMF.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.