C'est l'une des pistes prometteuses dans le traitement des allergies, évoquée lors du 14e congrès francophone d'allergologie qui se tient jusqu'au 19 avril à Paris.

Peut-on soigner les allergies alimentaires avec une greffe fécale ?
Peut-on soigner les allergies alimentaires avec une greffe fécale ? © Getty / Science Photo Library - SCIEPRO

On en a déjà parlé, la greffe fécale (ou greffe bactérienne ou transplantation fécale), qui consiste à introduire les bactéries intestinales d'une personne saine dans le tube digestif d'un malade pour reconstituer sa flore, ça marche sur certaines maladies inflammatoires de l'intestin. Et pourquoi pas sur les allergies alimentaires, qui touchent 1 à 3% de la population française ? 

Des études l'ont démontré : les allergiques n'ont pas le même microbiote, la même flore intestinale que les sujets sains. Leur microbiote à eux est souvent plus pauvre et cette pauvreté a un impact sur leur système immunitaire, ce qui accroît le risque d'allergie alimentaire. 

Le traitement aujourd'hui, c'est la désensibilisation, c'est-à-dire essayer d'habituer l'organisme à supporter l'allergène, mais ça ne marche pas très bien et cela comporte des risques. D'où cette idée récente d'enrichir la flore des patients avec des bactéries qui leur feraient défaut. 

On a d'abord tenté un apport en probiotiques, mais ce n'est pas très concluant, explique Carine Billard Larue, elle est allergologue à l'hôpital de Meaux et à l'hôpital d'Aulnay-sous-Bois : "Pour l'instant, toutes les études concernant les probiotiques sont un peu décevantes car il y a tellement de bactéries, qu'on a pas réussi à identifier la bactérie miracle qui permettrait de ne pas avoir d'allergie." 

D'où l'idée qui émerge aujourd'hui, de faire ingérer au patient allergique la flore intestinale d'un sujet sain. C'est ce qu'on appelle la transplantation fécale : "Le principe, c'est d'apporter au sein d'intestins déficients, c'est-à-dire qui n'ont pas certaines bactéries qui leur sont utiles, les bactéries de l'intestin de quelqu'un d'autre", explique Carine Billard Larue, donc de faire manger du microbiote d'un patient sain." 

Un pari pour l'instant, le traitement n'est pas pour tout de suite, des études sont en cours, les résultats ne pas encore connus. Cette transplantation fécale s'administrerait par voie orale, via des gélules de microbiote encapsulé.

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