On connait les analyses d'urine, de sang. Et si l'air qu'on expire pouvait nous dire aussi beaucoup de choses sur notre état de santé ? C'est le pari que fait en ce moment une équipe de l'Hôpital Foch à Suresnes. Elle vient de lancer plusieurs essais cliniques sur l'analyse du souffle.

Le projet s'appelle "Volatolhom". Le patient souffle dans l'embout d'une machine toute simple, un spectromètre de masse en fait, et aussitôt des courbes apparaissent sur un écran
Le projet s'appelle "Volatolhom". Le patient souffle dans l'embout d'une machine toute simple, un spectromètre de masse en fait, et aussitôt des courbes apparaissent sur un écran © Hôpital Foch de Suresne

Cette équipe vient de lancer plusieurs essais cliniques pour vérifier si, dans certaines maladies pulmonaires comme le cancer, l'analyse du souffle pourrait permettre de suivre l'évolution d'un patient et la pertinence de son traitement, voire de prédire si le traitement prévu est bien adapté.

Le projet de recherche s'appelle "Volatolhom", il va inclure plusieurs dizaines de patients dans les mois qui viennent, et notamment des patients atteints de cancers du poumon.

C'est une machine en apparence toute simple. Le patient souffle dans un embout et aussitôt des courbes apparaissent sur un écran. La machine est un spectromètre de masse, c'est-à-dire un instrument qui mesure la masse des composés présent dans l'air exhalée.

Pendant des mois, les patients traités ici par immunothérapie, pour un cancer du poumon, vont souffler dans cette machine tous les 15 jours. Objectif, analyser les composés organiques qu'ils rejettent et voir s'ils évoluent. 

Comprendre si un traitement fonctionne ou pas

Les poumons sont une éponge de tout ce qui se passe dans l'organisme. Si le traitement marche, et détruit la tumeur, comme on l'espère, ça pourrait donc se lire dans l'air qu'on expire, explique Philippe Devillier, pharmacologue : "Notre postulat c'est que, si le traitement fonctionne, les cellules tumorales vont être agressées, on va modifier leur métabolisme et par conséquent on va avoir la traduction de l'effet du traitement dans l'air exhalé."

L'essai en cours doit vérifier si ça fonctionne, mais si c'est le cas, ça ouvrira de sacrées perspectives. Louis-Jean Couderc est le chef du service de pneumologie. Il espère avec cette méthode pouvoir identifier plus vite qu'aujourd'hui si un patient répond ou pas à son traitement. On gagnerait ainsi en efficacité et en qualité de vie : "L'idée est de ne pas prolonger un traitement ayant des effets secondaires et potentiellement inefficace. Ça rajoute une technique de surveillance qui devrait être plus précoce que les techniques d'imagerie."

D'autres essais sont en cours, pour suivre des patients souffrant d'asthme sévère et voir comment ils réagissent à certains traitements innovants, mais aussi pour suivre des transplantés et vérifier qu'ils ne font pas de rejet. 

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.