Les deux satellites de télécommunications, embarqués à bord du lanceur européen Ariane 5 qui a décollé jeudi soir depuis la Guyane, ont été mis en orbite, mais, fait rare, pas au bon endroit.

Ariane 5, au moment du lancement de 2 satellites de télécommunication le 25 janvier 2017
Ariane 5, au moment du lancement de 2 satellites de télécommunication le 25 janvier 2017 © arianespace

La fusée européenne adécollé jeudi comme prévu à 19h20 locales (23h20 à Paris), du centre spatial guyanais à Kourou, en emportant deux satellites de télécommunications, SES-14 pour l'opérateur luxembourgeois SES et Al Yah 3 pour Yahsat, l'opérateur des Emirats Arabes Unis.

Arianespace espère toutefois un repositionnement des satellites au bon endroit grâce à leur système de propulsion. "Les dernières nouvelles étaient rassurantes après de fortes inquiétudes", a communiqué la société qui commercialise les lancements.  Le  SES-14, est  en bon état et devrait pouvoir rejoindre l'orbite visée dans quelques mois. 

L'opérateur Yahsat (Al Yah Satellite Communications Company), propriétaire du second satellite, n'a pas  encore communiqué sur l'état de santé de son satellite, d'une masse au  décollage proche de 3,8 tonnes. 

Une perte de contact 

Grosse frayeur en effet pour son premier lancement de l'année. Peu après le début de l'opération, le PDG d'Arianespace Stéphane Israël a annoncé, depuis la salle Jupiter du centre spatial de Kourou, une anomalie et fait état d'une perte de contact avec le lanceur.  

Une perte de contact, d'un peu plus de neuf minutes après le décollage et quelques secondes après l'allumage de l'étage supérieur a été constaté  et a duré de la 9e à la 37e minute de la mission selon Arianespace.  A partir de ce moment-là, la deuxième station de contrôle de la mission située à Natal, au Brésil, n'a pas acquis la télémétrie du lanceur. La situation a été la même à la station d'Ascencion, sur une île de l'Atlantique sud (censée recueillir des données 13 minutes et 36 secondes après le décollage), à celle de Libreville au Gabon (18 minutes et 19 secondes après son décollage) et à celle proche de la ville de Malindi au Kenya (22 minutes et 56 secondes après le décollage).  Si "par la suite, les deux satellites ont été confirmés séparés, acquis et mis en orbite", note le communiqué d'Arianespace ils n'ont "pas été séparés à l'endroit où ils auraient du l'être".  

Le satellite SES-14 héberge en outre une charge scientifique pour le programme d'exploration de la Nasa intitulé GOLD (Global-scale Observation of the Limb and Disk), un programme qui doit notamment permettre, depuis une orbite géostationnaire, de reconstituer toutes les demi-heures une image complète du disque terrestre.  Construit par Airbus Defence and Space à Toulouse, SES-14, d'un peu plus de 4,4 tonnes au décollage, est le 53e satellite de l'opérateur SES (Société Européenne de Satellites) à être lancé par Arianespace depuis 1984, a indiqué Arianespace.   

Construit par Orbital ATK, Al Yah 3, d'une masse au décollage proche de 3,8 tonnes est le deuxième satellite à être emporté  pour l'opérateur Yahsat (Al Yah Satellite Communications Company), après un premier lancement en 2011 

La fiabilité d'Ariane mise à mal

C'est la première fois depuis 15 ans que ce type d'incident se produit.  "Nous avons eu une très longue série de tirs réussis avec la fusée Ariane", a souligné le parole-parole de SES. "Nous sommes très conscients que les lancements comportent toujours une part de risque".  Pour sa part, Al Yah3, construit par Orbital ATK, est le deuxième satellite à être emporté par Ariane pour l'opérateur Yahsat (Al Yah Satellite Communications Company), après un premier lancement en 2011. 

Fleuron de l'industrie spatiale européenne, Ariane 5 est réputée pour sa très grande fiabilité. C'est l'un de ses arguments commerciaux majeurs face à la concurrence croissante de l'Américain SpaceX, qui propose des lanceurs moins chers.  

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