A Chicago, on parle beaucoup cette année du séquençage du code génétique de la tumeur pour mieux cibler ses anomalies

Effectuer un séquençage du code génétique de la tumeur pour mieux cibler ses anomalies et la combattre
Effectuer un séquençage du code génétique de la tumeur pour mieux cibler ses anomalies et la combattre © AFP / Bernd WUSTNECK / DPA

Au congrès mondial du cancer de Chicago, qui réunit depuis vendredi et jusqu’à mardi les plus grands spécialistes de la planète, il est beaucoup question cette année du génome de la tumeur. Traduction : on ne combat plus forcément désormais un cancer du poumon ou du sein, mais on combat, quel que soit l’organe touché, les anomalies moléculaires détectées dans une tumeur, grâce à l’analyse de son code génétique. Un travail de fourmi, mené aujourd’hui dans la plupart des grands centres anti-cancer.

Comme d’autres centres anti-cancers en France, le centre Léon Bérard de Lyon s’est lancé il y a quatre ans dans le séquençage du génome. En clair, il a systématiquement tenté d’identifier, chez les patients suivis, toutes les anomalies génétiques que pouvait renfermer leur tumeur. Chez chaque patient, plusieurs dizaines de gènes ont ainsi été passés au crible et ce travail a permis de découvrir, dans certains cancers, des anomalies moléculaires dont on ne soupçonnait pas l’existence, mais pour lesquelles il existe des traitements. Résultat : ces patientes qu’on ne pouvait plus soigner ont trouvé une solution.

Olivier Trédan est oncologue au centre Léon Bérard : "J’ai pas mal de patientes – je m’occupe de cancers du sein et de cancers gynécologiquesqui sont entendues dire : ‘Madame on n’a plus de traitement pour vous, la chimiothérapie ne marche pas’. Elles sont arrivées chez moi et je leur ai fait ce séquençage du code génétique et j’ai trouvé une anomalie spécifique, peu importe le nom. Mais pour cette anomalie le médicament qui la cible existe déjà. Donc j’ai pu traiter avec cette thérapie ciblée qu’on utilise avec d’autres cancers d’habitude et ça a marché. Ça met en évidence des anomalies qui sont de vrais espoirs pour les patients".

Mais ce séquençage coûte cher, il prend du temps mobilise des moyens. Avec le temps, il devrait pourtant se banaliser et être proposé aux patients le plus tôt possible, afin de les faire bénéficier quand c’est possible d’une thérapie ciblée sur l’anomalie détectée.

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