A Chicago, une équipe française de l’institut Gustave Roussy présente une étude très prometteuse dans le traitement des cancers de la prostate avec métastases

Le professeur Karim Fizazi, l'initiateur de l'essai très concluant sur le cancer de la prostate
Le professeur Karim Fizazi, l'initiateur de l'essai très concluant sur le cancer de la prostate © Institut Gustave Roussy

Depuis vendredi et jusqu’au mardi 6 juin, les plus grands spécialistes du cancer sont réunis à l’ASCO, le congrès mondial du cancer de Chicago.

Des équipes venues de la planète entière viennent y présenter les derniers résultats de leurs études cliniques, des résultats qui mènent souvent, quand ils sont concluants, à des changements de stratégie dans le traitement de telle ou telle tumeur.

C’est le cas cette année pour le cancer de la prostate avec métastases. Une équipe française de l’institut Gustave Roussy présente ce dimanche les conclusions d’une étude tellement prometteuse qu’elle devrait très prochainement révolutionner le traitement de ce type de pathologie, qui touche plus de 50 000 hommes et cause 8 à 9 000 décès chaque année en France.

Philippe a 57 ans ce jour de 2014 où on lui découvre un cancer de la prostate avec des métastases un peu partout. A l’époque, le pronostic est sombre et il le dit, il a "eu peur car les taux de survie étaient d'un an pour la moitié des patients", explique-t-il.

A Gustave Roussy le professeur Karim Fizazi propose alors à Philippe un nouveau protocole. Le traitement standard en pareil cas c’est l’hormonothérapie : on empêche l’organisme de produire les hormones masculines qui nourrissent la tumeur. Dans cet essai, on a combiné deux hormonothérapies pour être plus efficace explique le professeur Karim Fizazi : "jusqu'à maintenant l'hormonothérapie empêchait la fabrication par les testicules de l'hormone masculine. C'était déjà un énorme bénéfice, mais il restait une sécrétion d'hormones masculines par des petites glandes qu'on appelle les surrénales et par la tumeur elle même. Avec la double hormonothérapie on empêche complètement la fabrication d'hormones masculines".

Le résultat est spectaculaire

Apres plus de deux ans de traitement, Philippe n’a quasiment plus de traces visibles de son cancer et vit sa vie "avec tranquillité", confie-t-il. "Je mourrait peut-être d'autre chose" dit-il en souriant.

Alors tout le monde ne réagit pas aussi bien que Philippe, mais l’étude à laquelle il a participé montre que ce nouveau traitement fait chuter le risque de mortalité de près de 40%, c’est énorme, et ça devrait justifier assez vite l’abandon du traitement standard pour ce nouveau protocole.

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