La cancérologie française en vedette au congrès mondial du cancer de Chicago. Comme l’an dernier, une étude française a eu les honneurs du congrès avec présentation en séance plénière. Un privilège offert à seulement quatre ou cinq spécialistes du monde entier chaque année..

Près de 40 000 cancérologues réunis à Chicago pour le congrès mondial le plus renommé
Près de 40 000 cancérologues réunis à Chicago pour le congrès mondial le plus renommé © ASCO/Rodney White

Dirigée par le professeur Arnaud Méjean de l’hôpital Georges-Pompidou, elle porte sur le rein et fait la démonstration que dans certains cas métastatiques, il est inutile d’enlever le rein du malade et de lui infliger cette mutilation car le traitement médical suffit. 

Ces résultats devraient faire évoluer la prise en charge 

Au moment du diagnostic, 20 % des patients souffrant d’un cancer du rein ont déjà des métastases, des cellules cancéreuses qui ont migré vers d’autres organes. Dans ces cas-là, le traitement de référence est depuis plus de 10 ans, l’ablation souvent totale du rein, associée à un médicament sous forme orale. Une thérapie ciblée, tellement efficace par rapport aux traitements antérieurs que l’équipe française a fini par se demander, à la fin des années 2000, si la chirurgie n’était pas finalement superflue. 

Elle a  mené l’étude pendant huit ans : 450 patients, un premier groupe avait le traitement seul, l’autre avait le traitement et la chirurgie. Résultat : le groupe sans chirurgie ne s’en sortait pas plus mal, il a même affiché de meilleurs chiffres : 18,4 mois de survie médiane contre 13,9 dans l’autre groupe. 

Pour le professeur Arnaud Méjean, chef du service d’urologie de l’hôpital européen Georges-Pompidou, ça prouve que pour ces patients la chirurgie ne s’impose plus : "La question se posait parce que ce sont des patients qui malheureusement ont une espérance de vie assez faible et que leur imposer une intervention chirurgicale, si elle n'est pas utile, n'était pas éthiquement acceptable. C'est l'ablation d'un rein ou partielle ou totale, le plus souvent totale, car c'était des grosses tumeurs. Des interventions importantes, complexes. Des hospitalisations avec des risques de complications hémorragique et infectieuse."

La chirurgie n’est pas complètement à jeter pour autant, précise l’urologue. Elle reste utile et préconisée dans certains cas de toute petites métastases ou de métastases peu nombreuses.

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