L’an dernier, France Inter vous parlait déjà des CAR T-cells, une nouvelle arme dans le traitement de certains cancers. À l’occasion du congrès mondial du cancer qui se tient à partir de ce vendredi à Chicago, on en reparle mais ce n’est plus pour dire que c’est prometteur. Cette fois, c’est pour dire que ça marche.

Ce nouveau protocole consiste à armer génétiquement les cellules immunitaires du malade pour en faire des tueuses de cancer
Ce nouveau protocole consiste à armer génétiquement les cellules immunitaires du malade pour en faire des tueuses de cancer © AFP / Keith Chambers / Science Photo Library / KCH /

La technique consiste à prélever au patient ses propres cellules immunitaires, à les modifier génétiquement pour en faire des tueuses de cancer, et à les réinjecter au patient. Des résultats assez spectaculaires ont été constatés à l’hôpital Saint-Louis à Paris pour les cancers du sang, lymphomes et leucémies aiguës.

En moins d’un an, une cinquantaine de patients ont été traités, à l’hôpital Saint Louis, avec cette techniques des CAR T-cells pour des lymphomes, autrement appelés cancers des ganglions. Ces patients étaient en impasse thérapeutique, en récidive après échec des traitements standards. 

Les cellules sont recueillies avec une simple prise de sang

Pour l’instant les médecins se gardent de triompher, mais les résultats sont encourageants : près de la moitié des patients ont une rémission complète au bout de quelques mois avec ce nouveau protocole, qui consiste à armer génétiquement les cellules immunitaires du malade pour en faire des tueuses de cancer, comme l'explique le professeur Catherine Thieblemont, elle est chef de service d’hémato-oncologie à l’hôpital Saint Louis : "On prend les cellules par une prise de sang, on les envoie dans une plateforme pour qu'elles soient génétiquement modifiées pour aller attaquer le cancer. Ensuite elles vont être réinjectées au patient et ces cellules vont être efficaces de façon immédiate."

Nadine, 64 ans, a été parmi les premières à Saint Louis à bénéficier de ce traitement pour un lymphome, c’était à l’automne dernier, sa dernière chance après quatre ans de lutte et deux récidives. Plus de six mois plus tard, elle est en pleine forme. "Un mois après les résultats étaient déjà bons. Trois mois après j'avais pratiquement plus rien et six mois après je vis tout à fait normalement. C'est un miracle ! C'est une deuxième vie."

Une seule injection suffit

Le patient doit rester au moins dix jours à l’hôpital après l'injection, car les effets secondaires peuvent être assez violents. On les contrôle heureusement de mieux en mieux.

Autre défi, fabriquer les cellules modifiées plus vite, car les délais restent aujourd’hui assez longs, jusqu’à deux mois quand les patients en ont souvent besoin en toute urgence.

Un traitement qui pour l'instant est extrêmement cher : 350 000 euros l’injection…

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