Chaque année, 900 décès sont imputés directement à une crise d'asthme détectée trop tardivement. Un nombre bien trop élevé alors que la maladie se soigne et qui pousse aujourd'hui les pneumologues à alerter les patients sur les bons réflexes à adopter.

Les asthmatiques légers, peu habitués aux crises, ne savent pas en évaluer la gravité et sont plus confrontés aux décès.
Les asthmatiques légers, peu habitués aux crises, ne savent pas en évaluer la gravité et sont plus confrontés aux décès. © AFP / SCIENCE PHOTO LIBRARY / R3F

Les crises d'asthme sont fatales encore trop souvent, alertent les pneumologues ce jeudi. En France, où l'on dénombre 4 millions de malades, 200 000 passages aux urgences sont liés directement à la maladie et 900 décès sont déplorés tous les ans. Des décès qui surviennent souvent auprès de personnes modérément asthmatiques, qui ne suivent pas toujours très bien leurs traitements et qui n'ont pas su détecter à temps un début de crise.

Des malades ne se considérant pas comme patients sévères

C'est le cas de David, 27 ans. A l'été 2006, au cours d'un déménagement, la poussière combinée à la chaleur déclenchent une crise d'asthme aiguë, qui va être prise en charge bien trop tard. Laurence, sa maman, raconte que son fils n'avait "jamais fait de grosse crise avant celle-là".

"Cela s'est passé en à peu près deux heures, explique-t-elle. Mais "les choses se sont mal enchaînées : mauvaise évaluation des médecins, avec 30 minutes de retard" avant d'examiner Laurent, puis un arrêt chez les pompiers, infructueux, car "ils n'avaient pas de matériel de réanimation". Ces derniers appellent le Samu, mais trop tard.

Un drame qui n'est pas isolé chez les asthmatiques. Bien souvent, les décès frappent ceux qui ne se considèrent pas comme des patients sévères, qui ne suivent pas toujours très bien leur traitement de fond et n'ont pas su évaluer la gravité de la crise. 

Appel médical d'urgence

Le pneumologue Gilles Mangiapan rappelle donc la conduite à tenir en cas de crise : "Si le traitement habituel, qui est un spray de bronchodilatateur ne permet pas de soulager rapidement, après une dizaine de bouffées maximales, il faut faire autre chose. C'est un appel médical d'urgence, insiste le médecin, en France on a la chance d'avoir le 15, il faut appeler le Samu immédiatement et la régulation se fera à ce moment-là."

Après le passage aux urgences, il ne faut surtout pas croire que le pire est derrière nous. Sans un traitement fond bien suivi, les crises reviendront avec force, car l'asthme est une maladie chronique. Même si tout va bien, le terrain est là, pour la vie. Faute d'un traitement adéquat, 30 % des patients accueillis aux urgences reviennent dans le mois qui suit pour une nouvelle crise.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.