La sonde japonaise Hayabusa 2 a largué le robot Mascot sur un astéroïde afin qu'il analyse la surface de ce corps rocheux, relique du système solaire primitif. L’atterrissage est également confirmé.

Image de l'astéroïde Rugyu envoyée par Mascot
Image de l'astéroïde Rugyu envoyée par Mascot © Capture fil twitter Mascotlander from DLR

Mascot a même commencé à envoyer, et même tweetter ses premières images. 

La sonde spatiale Hayabusa 2 a envoyé des informations de bonne santé à 4h17  heure française : Mascot a été correctement largué et il va bien, a communiqué le CNES sur son fil Twitter.  L'atterissage, quelques 20 minutes après le largage,  est également confirmé. 

Aurélie Moussi, chef du projet Mascot au Cnes a annoncé que "Mascot va bien. Ses instruments sont en état de fonctionnement. Il communique bien avec la sonde". 

Conçu par le Centre national d'études spatiales (Cnes) français et son homologue allemand DLR, Mascot a une durée de vie qui n'est que d'une douzaine d'heures. Le robot possède quatre instruments, dont un microscope spectral développé par l'Institut français d'astrophysique spatiale qui doit permettre de connaître la composition minéralogique du sol de l’astéroïde également connu sous le matricule 162173.

La sonde spatiale japonaise Hayabusa 2 est partie explorer l’astéroïde Ryugu, et a largué Mascot comme le fit il y a quelques temps Rosetta pour Philae. Cette fois-ci l'objet céleste à étudier n’est pas une comète mais un astéroïde, un petit caillou très noir, très primitif , essentiel à la compréhension de la formation du système solaire. Tout cela se passe à 300 millions de kilomètres de la Terre.

Cette mission est plus ambitieuse encore car Hayabusa 2 doit se poser et collecter des échantillons qu’elle rapportera sur Terre après avoir redécollé du caillou. 

Une boite à chaussures pleine de malice

Mascot, comme chez les scouts, est un précurseur. Il a 2 missions : faire de la science et servir d’éclaireur pour la sonde quand elle se posera. Car on ne sait rien de l’astéroïde. Sa surface, finalement pleine de cailloux, n’a été révélée que cet été quand la sonde s’est approchée d’assez prêt. Et qui dit caillou, dit risque !

Le défi de Mascot qui comporte 4 instruments réunis dans une boite à chaussures, est de donner les premières infos : 

• température

• nature du sol (on s’enfonce ou on rebondit ?)

• composition du sol 

• mesurer le champ magnétique

Comme le budget était maigre, les ingénieurs ont rivalisé d’ingéniosité pour faire de cette boite à chaussures un couteau suisse. Mascot est un Philae sans pattes. Il a donc été jeté par la sonde à  60 mètres d’altitude, avant de tomber sur la surface.  Il n’a que 15 h de batterie, autant dire qu'il faudra faire vite. 

Astéroïdes et comètes, les témoins de l'histoire spatiale

La sonde spatiale japonaise Hayabusa2 a quitté la Terre le 3 décembre 2014. Sa mission se poursuivra ensuite à proximité de Ryugu jusque fin 2019 dans le but de retourner sur Terre fin 2020 avec des échantillons de sol extraterrestre à son bord.

Les astéroïdes comme Ryugu sont très noirs, ils diffèrent des comètes car ils ne s’approchent pas aussi près du soleil et ne dégazent pas en faisant une chevelure, une queue…

En quoi sont-ils différents alors qu’ils sont, eux aussi, des témoins des débuts du système solaire ? C’est encore un mystère que ce type de mission cherche à éclaircir. 

Hayabusa 2 en rapportant sur terre des échantillons permettra évidemment un grand pas dans la connaissance car sur Terre, on a des instruments d’analyse, autrement plus performants que ce que l’on peut mettre dans une sonde spatiale.

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