Un chercheur spécialiste des météorites s'est penché sur l'origine des métaux utilisés dans la confection des objets de l'âge de bronze, des métaux retrouvés sur des fragments de météorites.

Ce n'est qu'en réussissant à transformer le fer issu des minerais en métal, au début de l'âge de fer, que les artisans ont abandonné l'utilisation des météorites
Ce n'est qu'en réussissant à transformer le fer issu des minerais en métal, au début de l'âge de fer, que les artisans ont abandonné l'utilisation des météorites © AFP / Fanny Reynaud / Paris - Musée de l'Armée / Rmn-Grand Palais

Dès 3 000 ans avant notre ère, les artisans auraient eu l'ingéniosité d'utiliser une ressource naturelle pour fabriquer leurs objets en fer : les météorites. C'est la conclusion rendue par le français Albert Jambon, chercheur de l'Université Pierre et Marie Curie. 

Le spécialiste des météorites a tenté d'apporter une réponse sur le débat concernant la présence de fer dans des objets fabriqués à la période de l'âge de bronze, dans un article publié en décembre dans le Journal of Archeological science

Officiellement, il n'existe à ce jour qu'une centaine d'objets en fer datés de l'âge de bronze. A l'époque, le fer coûtait dix fois plus cher que l'or, d'où la rareté de ces objets prestigieux, tels que des perles de 5 200 ans (3 200 ans avant JC) retrouvées à Gizeh en Egypte, une dague turque, un pendentif syrien de 4 300 ans, des haches chinoises ou encore la célèbre dague de Toutankhamon.

Un métal précieux totalement délaissé en occident

Selon Albert Jambon, les orfèvres ne maîtrisaient pas encore la métallurgie à l'âge du bronze, c'est à dire les connaissances nécessaires pour extraire le fer des mines terrestres et effectuer la réduction chimique nécessaire pour le séparer de l'oxygène et le transformer en métal. En analysant le métal utilisé, grâce à une technique basée sur l'exploitation des rayons X et qui permet d'étudier la composition chimique sans détériorer les précieux objets, le scientifique affirme que l'origine de ce métal est exclusivement naturelle : il s'agit de météorites tombées du ciel.

Certaines météorites sont ainsi constituées presque exclusivement d’alliage composé de fer et de nickel. L’avantage de ce métal brut, c’est qu’il ne nécessite aucune transformation. Il suffit de le mettre en forme. Très tôt au proche Orient, les artisans on reconnu la valeur des météorites, bien plus tôt qu'en Occident, où, jusqu'au 19e siècle, ces pierres ont été associées à la sorcellerie ou à des balivernes.

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