Manifestante pro IVG
Manifestante pro IVG © CC Centre d'Action Laïque de la province de Liège

Le Haut conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes a présenté jeudi matin à Najat Vallaud-Belkacem ses propositions pour un meilleur accès à l'IVG, devenue problématique notamment en raison d'une baisse de l'offre de soins.

Près de 40 ans après le vote de la loi Veil "l'accès à l'IVG reste parfois problématique", peut-on lire dans le rapport du HCEfh, le Haut conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes, remis à la ministre des Droits des femmes.

Avorter peut être un "véritable parcours d'obstacles", explique le HCEfh, à cause notamment d'une diminution de l'offre de soins (130 établissements de santé pratiquant l'IVG ont fermé en dix ans) et d'une dégradation de la qualité d'accueil.

Le reportage de Laëtitia Saavedra

Les recommendations du Haut Conseil

Elles sont au nombre de 34 et on trait au droit, à l'information, à l'offre de soin et à la gouvernance. Le HCEfh suggère de supprimer l'obligation de réflexion de sept jours prévue entre les deux consultations nécessaires avant une IVG, ou de permettre l'avortement par aspiration sous anesthésie locale dans les centres de planification ou d'éducation familiale et les maisons médicales.

Le HCEfh propose de remplacer dans le Code de la santé publique autorisant l'avortement la phrase "la femme enceinte que son état place dans une situation de détresse peut demander à un médecin l'interruption de sa grossesse" par "la femme qui ne souhaite pas poursuivre une grossesse peut demander à un médecin de l'interrompre".

Le rapport demande un moratoire sur la fermeture des centres IVG, le financement des recherches sur l'avortement ou la création d'un Plan national et un Observatoire national sexualité-contraception-IVG.

Dans un premier rapport remis en septembre, le Haut conseil, missionné par Najat Vallaud-Belkacem, avait recommandé la création d'un site institutionnel "clair et volontariste en faveur du droit à l'avortement". Le site www.ivg.gouv.fr a été lancé quinze jours plus tard et la création du numéro national "guichet unique" anonyme et gratuit demandé par le HCEfh est également à l'étude.

Le nombre d'IVG est stable en France depuis 2006

Selon la Drees, la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques, 222.500 avortements ont été réalisés en France en 2011, soit un taux de 15,1 IVG pour 1.000 femmes.

En France métropolitaine, 35% des femmes ont eu recours à l'IVG au moins une fois dans leur vie, estime l'INED, lInstitut national d'études démographiques.

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