On s’en doutait, les statistiques de l’assurance maladie le confirment : pendant le confinement, les Français ont moins consulté et se sont moins soignés. Le détail et le nombre des médicaments prescrits en ville et remboursés depuis le mois de mars l’atteste, leur consommation s’est effondrée sur les 3 derniers mois.

Durant la crise du Covid, les patients ont beaucoup moins consulté. Donc on a instauré  beaucoup moins de nouveaux traitements
Durant la crise du Covid, les patients ont beaucoup moins consulté. Donc on a instauré beaucoup moins de nouveaux traitements © Radio France / Noémie Guillotin

L’assurance maladie et l’agence du médicament ont épluché plus de 700 millions d’ordonnances et elles ont pu ainsi comparer le nombre de médicaments prescrits depuis mars 2020 et pendant les neuf semaines qui ont suivi, aux chiffres qu’on aurait dû observer en se basant sur la consommation des deux années précédentes.

Résultat : la chute est spectaculaire malgré l’essor de la téléconsultation. On voit bien que les patients ont beaucoup moins consulté, on a instauré par exemple beaucoup moins de nouveaux traitements : -48% pour les antidiabétiques, la même chose pour les statines, -40% pour les antihypertenseurs, ça correspond à 100.000 hypertendus en France qui n’ont pas initié le traitement dont ils avaient besoin durant la période.

Même constat pour les produits destinés a réaliser des actes médicaux, comme les IRM, les coloscopies, les scanners, leur consommation est en baisse de 40 à 60% ce qui prouve, la encore, qu’une partie de ces actes n’ont pas été réalisés. Les chiffres montrent un déficit probable de près de 400.000 scanners et près de 200.000 coloscopies.

Plus réjouissant, la baisse très importante de la consommation d’antibiotiques chez les enfants durant le confinement : -40%, un effet sans doute de la fermeture des crèches et des écoles qui a tout naturellement freiné la propagation de tous les virus et agents infectieux.

Enfin, à l’inverse, les statistiques pointent une légère augmentation de la consommation d’hypnotiques et d’anxiolytiques durant la période observée, ce qui peut traduire des troubles du sommeil et de l’anxiété.

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