Aujourd’hui est un jour de repos. J’ai profité de celui-ci pour revenir chez moi et saluer ma femme et mes enfants. Une petite pause pour recentrer mes intentions et mes émotions. Un souffle pour me rendre entièrement disponible aux vols de mardi, mercredi et jeudi. J’ai usé aussi de ce privilège respiratoire pour rejoindre d’autres compagnons qui jouaient ce soir L’Ombelle du trépassé à la Chapelle Notre-Dame du Loc à Saint Avé. Nous avions créé ce spectacle à l’automne 2011 à la Maison de la poésie avec Yann-Fañch Kemener, Patrick Portella et Renaud Lagier. J’ai toujours plaisir à entendre ce récital poétique car Yann-Fañch a une voix qui sait relier le ciel et la terre.

En rentrant chez moi, j’écoute la radio et j’entends sur France Inter, la voix d’un scientifique dire : « trouver une solution nous ouvre de nouveaux paysages ». Tout en écoutant l’émission, je repense à cette semaine, à l’importance de chacune des expériences embarquées à bord de l’airbus A300 - Zéro G. Elles sont toutes les croquis de paysages dont on ne mesure pas encore la couleur et l’étendue.

Je repense à l’attention de Etienne Guillaud, l’ingénieur de recherche du laboratoire de l’INCIA qui a eu la patience de me faire comprendre le croquis de son paysage et de m’en faire désirer le voyage. Je repense au Dr Marianne Vaugoyeau qui m’a si spontanément proposé de tester les lunettes immersives de leur expérience des représentations internes à la microgravité . Pour la plupart, les chercheurs sont des gens généreux. Ils cherchent les perspectives qui accroîtront notre regard. Ils sont des guérisseurs de cécité.

Il est tard, je relis le détail de notre fiche de vol. Son détail formel oublie l’essentiel de mon expérience : me rendre disponible à la découverte d’un nouveau paysage intérieur et essayer d’en extraire la mémoire.

Fiche de Vol – EXP 11 Space Out Space

Membres de l’équipe embarquée

  • Jean Lambert-wild pour les trois vols
  • François Royet pour le premier et deuxième vol
  • Tristan Jeanne-Valès pour le troisième vol

Matériel embarqué

Vol 1 et 2

  • Deux cubes noirs (dont un rangé dans un sac)
  • Un pyjama de rechange
  • Une chaussure/caméra (rangée dans un sac)
  • Caméra GOpro stéréo 1 (rampe)
  • Caméra GOpro stéréo 2 (sol)
  • Caméra GOpro stéréo 3 (tenue à la main)
  • Caméra pour enregistrer le son (rangée dans un sac)
  • Micro HF
  • Trois batteries pour les caméras
  • 1 multi-outil Leatherman
  • 1 rouleau de scotch Gaffer

Vol 3

  • Deux cubes noirs (dont un rangé dans un sac)
  • Un pyjama de rechange
  • Appareil Photo
  • Caméra GOpro stéréo 1 (Rampe)
  • Caméra GOpro stéréo 2 (sol)
  • Caméra stéréo dans le cockpit
  • Micro HF
  • Magnétophone (rangé dans un sac)
  • Trois batteries pour les caméras

Place de Jean Lambert-wild vol 1, 2 et 3

A l’intérieur de la zone des filets

Place du cadreur :

Vol 1 : au sol dans le couloir puis dans les sièges arrières

Vol 2 : au sol dans le couloir puis dans les sièges arrières

Place du photographe :

Vol 3 : couloir, siège avancé puis cockpit

Avant les séquences paraboliques

  • Jean Lambert-wild enlève sa combinaison de vol et ses chaussures, qu’il range dans un sac à dos. Celui-ci sera attaché à une des ceintures de sécurité d’un des sièges arrières.
  • François Royet débranche les batteries et se rebranche sur l’alimentation de l’avion à l’arrivée sur zone. Il s’installe sous une sangle dans le couloir central en dernier pour ne pas gêner la circulation des personnes.

Première séquence parabolique :

  • Jean Lambert-wild en place en pyjama avec cube noir sur la tête. Pour cette première séquence parabolique, il accomplira 6 figures gestuelles imposées. Une figure par parabole. La position de la figure est préparée pendant l’injection.
  • François Royet assis dans le couloir central pour filmer.

Pause 5 minutes :

  • Jean Lambert-wild enlève son cube noir et le remet avant la fin de la pause.
  • Francois Royet libère le passage du couloir, puis vérifie les caméras.

Deuxième séquence parabolique :

  • Jean Lambert-wild en place en pyjama avec cube noir sur la tête. Pour cette deuxième séquence parabolique, il accomplira 5 figures gestuelles imposées. Une figure par parabole. La position de la figure est préparée pendant l’injection.

Pause 5 minutes :

  • Jean Lambert-wild enlève son cube noir et le remet avant la fin de la pause.
  • François Royet libère le passage du couloir, puis vérifie les caméras.

Troisième séquence parabolique :

  • Jean Lambert-wild en place en pyjama avec cube noir sur la tête. Pour cette troisième séquence parabolique, il accomplira 5 figures gestuelles imposées. Une figure par parabole. La position de la figure est préparée pendant l’injection.

Pause 8 minutes :

  • Jean Lambert-wild enlève le cube noir et installe la chaussure/caméra à son pied droit. Il contrôle la caméra et remet en place son cube noir.
  • François Royet libère le passage du couloir, il prépare la caméra/chaussure et effectue un contrôle global des caméras puis s’installe dans les sièges arrières pour ne pas se trouver dans le plan.

Quatrième séquence parabolique :

  • Jean Lambert-wild en place en pyjama avec cube noir sur la tête et chaussure/caméra au pied. Pour cette quatrième séquence parabolique, il accomplira 5 figures libres pour permettre les plans caméra subjectifs. A chaque injection il se repositionnera dans la même position de départ.
  • Si la caméra/chaussure se dérègle François Royet viendra la régler entre deux paraboles.

Pause 5 minutes :

  • Jean Lambert-wild enlève son cube noir et le remet avant la fin de la pause.
  • François Royet vient dans le couloir pour contrôler la chaussure/caméra puis retourne s’asseoir dans les sièges arrières.
  • François Royet libère le passage du couloir, puis vérifie les caméras.

Cinquième séquence parabolique :

  • Jean Lambert-wild en place en pyjama avec cube noir sur la tête et chaussure/caméra au pied. Pour cette quatrième séquence parabolique, il accomplira 5 figures libres pour permettre les plans caméra subjectifs. A chaque injection il se repositionnera dans la même position de départ.
  • Si la caméra/chaussure se dérègle François Royet viendra la régler entre deux paraboles.

Pause 5 minutes :

  • Jean Lambert-wild enlève le cube noir. Il enlève la chaussure/caméra qu’il donne à François Royet. Celui-ci range la chaussure dans le sac à dos avec les vêtements. Avant la fin de la pause Jean Lambert-wild remet son cube noir.

Sixième séquence parabolique :

  • Jean Lambert-wild en place en pyjama avec cube noir sur la tête. Pour cette cinquième séquence parabolique, il accomplira 5 figures assis pour permettre à son accompagnateur de le faire tourner. A chaque injection il se repositionne dans la figure suivante.
  • François Royet assis dans le couloir central pour filmer.

Après les séquences paraboliques :

  • François Royet débranche les caméras
  • Jean Lambert-wild range son pyjama et son cube noir et remet sa combinaison de vol.

Avant de m’endormir, je regarde la lune. Quelle chance nous avons d’avoir un satellite. C’est un point d’amer qui guide nos rêves hors de l’attraction terrestre. Ce soir, elle est entourée de nuages qui l’enveloppent de draps blancs pour la nuit.

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