Trois études présentées au congrès de Chicago soulignent cette année l’importance d’un suivi psychologique pour les patients atteints d'un cancer

Un soutien psychologique permet de faire face à la maladie
Un soutien psychologique permet de faire face à la maladie © Maxppp / Pascal BONNIERE

Le but du congrès mondial de L'ASCO (American Society of Clinical Oncology), le congrès mondial du cancer à Chicago, qui réunit depuis vendredi et jusqu’à mardi les plus grands spécialistes de la planète, c’est d’abord évaluer l’efficacité des traitements, et leur impact sur la survie des patients, mais c’est aussi évaluer l’efficacité de l’accompagnement du malade. Trois études présentées au congrès soulignent cette année l’importance d’un suivi psychologique pour les patients, à toutes les étapes de la maladie : diagnostic, traitement, rémission. Une preuve de plus qu’il faut soigner le malade dans sa globalité et y consacrer des moyens.

Un soutien psychologique permet de faire face à la maladie et aux difficultés individuelles et familiales qu’elle entraîne

Les survivants d’un cancer sont aujourd’hui et c’est tant mieux de plus en plus nombreux. Certains sont guéris, d’autres peuvent vivre des années même avec des métastases qui sont contenues grâce au traitement. Mais la peur de la récidive peut gâcher le quotidien. 50 à 70% des survivants rapportent vivre ou avoir vécu avec beaucoup d’angoisses.

Une première étude présentée au congrès montre justement qu’à raison d’une séance de psychothérapie d’une heure par semaine, pendant dix semaines, on réduit significativement cette appréhension de l’éventuelle rechute. Et ces conclusions sont prises très au sérieux ici. Florian Scotté est oncologue à l’hôpital Georges Pompidou à Paris : "Chaque année on a des communications sur la psycho-oncologie. Cette année, cette année ce sont trois communications majeures présentées devant une salle comble, Ça traduit une volonté de vraiment mettre en avant l’accompagnement psychologique".

Mieux gérer l’angoisse au moment du diagnostic, pendant les soins, et une fois rétabli, c’est gagner en qualité de vie. En la matière, la France peut sans doute mieux faire, comme l'explique Florian Scotté : "en France aujourd’hui on manque de moyens humains d’engagement des uns et des autres et de prise de conscience, notamment des médecins, pour proposer de façon plus systématique à nos patients, d’avoir accès à un psychologue. Il faut le développer, l’importance a été démontrée".

En 2005 déjà le plan cancer évoquait cette nécessité de renforcer le suivi psychologique des patients. Il y a eu des progrès, mais pas assez, la volonté, les moyens surtout les créations de postes n’ont pas suivi.

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