Le cancer de la prostate touche 57.000 hommes chaque année en France, avec souvent une ablation et des effets secondaires fâcheux. Une nouvelle technique pourrait changer la donne.

Traitement par thérapie focale à la clinique Vauban de Valenciennes
Traitement par thérapie focale à la clinique Vauban de Valenciennes © Maxppp / Bruno Fava

Sortir du bloc sans cancer, mais avec sa prostate : c'est ce que promet la thérapie focale, une technique évoquée à l'occasion du Congrès français d'urologie à Paris. Avec l'amélioration des techniques d'imagerie, on peut désormais éviter la chirurgie radicale et ne plus faire qu'une ablation partielle.

Il y a environ 18 000 ablations de la prostate chaque année en France, soit environ 18 000 hommes touchés dans leur confort et leur virilité. "Le pendant de ces traitements radicaux, qui sont des traitements efficaces", explique le professeur Abdel-Rahmène Azzouzi, chef du service d'urologie au CHU d'Angers, "ce sont des effets secondaires majeurs sur l'érection (80 % des gens auront des problèmes d'érection) et pour l'incontinence, qui touche 20 % des gens."

"C'est une avancée thérapeutique"

Pendant des décennies, l'ablation totale a pu se justifier car les outils de diagnostic ne permettaient pas toujours de localiser précisément la tumeur. Mais avec l'IRM, le cancer est désormais localisé beaucoup finement, ce qui peut permettre un traitement ciblé. On peut alors ne retirer que la tumeur, et le patient s'en porte beaucoup mieux. "Quand vous avez une dent qui est malade, on ne vous arrache pas la bouche. Là, c'est pareil : la prostate est un organe importante pour la sexualité et sur le plan urinaire. À partir du moment où l'on peut traiter uniquement une partie de la prostate, en laissant le reste, c'est une avancée thérapeutique". D'après les études, assure le professeur Azzouzi, 85 % des patients qui ont bénéficié de cette technique ont conservé des érections. Et aucun n'a de problème d'incontinence.

Grand promoteur de cette nouvelle thérapie focale en France, le professeur Azzouzi estime qu'elle pourrait permettre de diviser par deux le nombre d'ablations totales de la prostate. Ablations totales qui restent nécessaires, évidemment, quand la tumeur est trop agressive.

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