En cancérologie, l'immunothérapie commence à être connue. Jusqu'à présent, le traitement se faisait en intraveineuse. Depuis peu, on tente de l'administrer en "intratumoral", c'est à dire au cœur même de la tumeur, pour plus d'efficacité et moins d'effets secondaires.

À l'institut Gustave Roussy, une vingtaine d'essais cliniques d'immunothérapie intratumorale sont en cours
À l'institut Gustave Roussy, une vingtaine d'essais cliniques d'immunothérapie intratumorale sont en cours © Radio France / Véronique Julia

L'immunothérapie consiste à "réveiller" le système immunitaire pour qu'il détruise la tumeur, à doper donc nos défenses contre l'envahisseur. La technique, qui se développe depuis une petite dizaine d'années, ne marche que sur certains cancers et tous les patients n'y répondent pas, mais pour les 20 à 30% de patients sur qui ça marche, les résultats sont impressionnants.

À l'institut Gustave Roussy, une vingtaine d'essais cliniques en intratumoral sont en cours et semblent très prometteurs.L 'été dernier, quand Fabien, 49 ans, s'est adressé à cet institut, le pronostic paraissait plutôt sombre. Après un premier mélanome soigné en 2015, Fabien venait de se faire diagnostiquer une vingtaine de métastases. Admis en essai clinique, il a fait, dès le mois de septembre, plusieurs séances d'immunothérapie intratumorale qui se révèlent très fructueuses : "On m'a annoncé que j'étais en réponse totale, explique Fabien, c’est-à-dire que je n'ai plus de tumeur. Pour l'instant tout se passe très, très bien."

On injecte le traitement directement au coeur de la tumeur

C'est un radiologue interventionnel qui opère. Aidé d'un scanner, il visualise durant l'intervention l'endroit qu'il faut piquer, directement dans la tumeur, en utilisant des doses très inférieures de celles d'une immunothérapie traditionnelle, comme l'explique le Professeur Thierry de Baere qui dirige le service de radiologie interventionnelle à Gustave Roussy : "Aujourd'hui les doses qu'on utilise pour l'injection intratumorale sont de l'ordre de 10 % de la dose qu'on utilise par voie intraveineuse, donc c'est de toute façon moins nocif d'un point de vue local et aussi d'un point de vue générale."

Si la technique est prometteuse, beaucoup de questions se posent encore : combien de fois intervenir sur la tumeur ? Avec quelles combinaisons de produits ? Combien de temps attendre entre deux injections ? 

La très bonne surprise des premiers cas observés, en tout cas, c'est qu'en traitant comme chez Fabien quatre métastases, on en fait disparaître dans la foulée une dizaine d'autres. "La question c'est 'est-ce que c'est anecdotique', où 'est-ce qu'on est capable de le provoquer chez la majorité des patients'?" se demande le Professeur de Baere. 

À Gustave Roussy, la technique se développe depuis à peu près trois ans dans le cadre d'essais cliniques. 60 patients ont été pris en charge cette année, ils seront près de 200 l'an prochain. 

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