Cassini est une sonde de 2,5 tonnes qui a été lancée en 1997 et dotée de 12 instruments. Sa mission était d'explorer Saturne, ses anneaux et ses lunes.

La sonde américaine Cassini
La sonde américaine Cassini © Nasa

Cassini amorcera son ultime descente à 7:14 GMT ce vendredi pour entrer dans l'atmosphère de Saturne à une altitude d'environ 1.915 km.

Une mort écolo

Le vaisseau spatial manque de carburant et plutôt que de perdre totalement son contrôle les ingénieurs préfèrent organiser son crash en bonne et due forme. Cassini est donc délibérement précipitée dans l'atmosphère de Saturne. Objectif : éviter absolument Titan et Encelade, les deux lunes de Saturne pour ne pas les polluer. Car ces deux-là pourraient peut-être accueillir des formes de vie. C’est donc une mort écolo qui est mis en scène.

Cassini a fait sa première approche en avril dernier; le vaisseau s'était approché de Titan, grâce à sa poussée gravitationnelle, pour descendre sous les anneaux de Saturne et le haut de sa couche nuageuse. Pour la première fois, il avait ainsi exploré cet espace vide de 2.700 kilomètres.

La pression de l’atmosphère de Saturne se multiplie par 10 toutes les minutes autour de Cassini. Comme il n’y a pas d’oxygène, il n’y a pas de combustion. Cassini fond jusqu’à ce qu’il ne reste plus de trace d’elle.

Cassini témoignera après sa mort

Pendant toutes ses années de travail Cassini transmettait la compilation des données recueillies à des moments précis, en déployant une antenne vers la Terre à chaque fois. Cette fois ci, elle a déployé cette antenne avant d’entrer dans l’atmosphère de Saturne, transmettant « en live » quasiment, 4 secondes après enregistrement des données. Elle a ainsi envoyé des données provenant d’une profondeur jamais atteinte dans l’atmosphère de Saturne, soit 300 km plus profondément que d'habitude.

Il faut 90 minutes à la lumière pour voyager de Saturne à Terre, donc c’est le temps qu’il faut aux derniers signaux de Cassini pour atteindre les Terriens. Ces dernières informations seront captées par la station Deep Space Network de la NASA à Canberra, en Australie, car c'est la seule station en bonne position, au bon moment, pour le faire.

Les découvertes de Cassini

Cassini a été lancé en 1997 et a effectué un voyage épique de 7 ans à Saturne, y compris un survol de Jupiter. L'engin spatial a passé les 13 dernières années à enquêter sur Saturne et ses anneaux et ses lunes.

Pour ces explorations elle possédait notamment le CIRS, Composite InfraRed Spectrometer, un spectromètre infrarouge né d'une collaboration entre la NASA et deux centres de recherche français : le CEA-DAPNIA de Saclay et l'Observatoire de Paris-Meudon. Avec cet instrument, inutile pour Cassini d'attendre la lumière pour voir. Il détecte la lumière, comme des lunettes de vision nocturne. Il détecte la chaleur, ou le rayonnement infrarouge thermique, de la même manière que les mains humaines ressentent la présence d'une source de chaleur.

Avec près de 300 orbites autour de Saturne, Cassini a fait d'importantes découvertes comme les mers de méthane liquide sur Titan, son plus grand satellite naturel, et l'existence d'un vaste océan d'eau salée sous la surface glacée d'Encelade, une petite lune saturnienne. Elle a révélé la présence d'hydrogène dans cette couche de glace, propice à l'existence de la vie.

Titan et ses lacs d'hydrocarbure

Titan vu par la sonde Huygens embarquée sur Cassini
Titan vu par la sonde Huygens embarquée sur Cassini / ESA/NASA/JPL/University of Arizona

Titan est principalement composé de roche et d’eau gelée. Il s'y trouvent des lacs d’hydrocarbures liquides au niveau de ses pôles. C'est un monde froid et sans oxygène.

Encelade
Encelade / NASA/JPL/Space Science Institute

Les marées de Saturne provoquent sur Encelade la production de geysers.

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