Pour la première fois, des chercheurs ont créé des embryons contenant des cellules souches humaines et porcines. Objectif : développer des organes humains pouvant être greffés.

Chercheuse travaillant sur des cellules souches à Montpellier
Chercheuse travaillant sur des cellules souches à Montpellier © Maxppp / Alex Baillaud

C'est un tout premier pas et le résultat final est encore loin, mais cette avancée est encourageante pour les chercheurs. Pour la première fois, on ouvre la possibilité de développer, chez un animal (le porc), des organes humains utilisables ensuite dans le cadre de greffes, sans risquer de rejet de la part du patient humain. Concrètement, les scientifiques ont implanté des cellules souches humaines dans des embryons de cochons, avant de transférer ces derniers dans l'utérus de truies porteuses. Les cellules humaines, injectées dans un embryon animal, ne sont ainsi pas rejetées... et peuvent ensuite être utilisées pour développer n'importe quel type de tissu.

Une recherche "très transgressive", pour le professeur John de Vos (responsable du Département ingénierie cellulaire et tissulaire au CHU de Montpellier), mais "très importante vers la possibilité de produire des organes humains dans l'animal".

"Cultiver" un foie, un rein, un cœur...

Interrogé sur France Info, il explique que ce système pourrait permettre de compenser le manque d'organes. "L'insuffisance du don d'organe est un gros problème médical, avec des listes d'attente qui dépassent les 14.000 patients. Certains meurent faute d'avoir eu un organe en temps et en heure." On peut ainsi imaginer le développer de nouveaux foies, de nouveaux reins, de nouveaux pancréas, de nouveaux cœurs...

Évidemment il faudra encore longtemps avant d'en arriver là, et il faudra aussi prendre en compte des questions éthiques. Le professeur John de Vos précise ainsi qu'il y aura "des organes à ne surtout pas humaniser", autrement dit à ne pas faire se développer en se basant sur un modèle humain, sur un animal. "Il ne faut à aucun prix qu'on se retrouve avec un porc qui aurait un cerveau en grande partie d'origine humaine".

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