De plus en plus d'écroulements de roches ont été constatés dans le massif du Mont-Blanc, notamment sur les parois du Montenvers, à Chamonix, juste à l'entrée de la Mer de Glace. Tout comme pour la fonte des glaciers, le réchauffement climatique semblerait être le responsable.

La Mer de Glace, à Chamonix, fond à vu d'œil à cause de la canicule. Avec les nombreux effondrements de roche, elle est recouverte de gravier et de sable.
La Mer de Glace, à Chamonix, fond à vu d'œil à cause de la canicule. Avec les nombreux effondrements de roche, elle est recouverte de gravier et de sable. © Radio France / Laurence Méride

De longues traînées de gravats et de grosses roches arrêtées dans leur course à flanc de montagne. C'est le triste spectacle qu'on peut observer depuis le Montenvers, à l'entrée de la Mer de Glace, à Chamonix. Si depuis plusieurs années de nombreux spécialistes alertent sur le danger de la fonte des glaciers, notamment celui de la Mer de Glace, le plus grand glacier de France, certains s'inquiètent aujourd'hui des chutes de pierres de plus en plus fréquentes. 

Réchauffement climatique et canicule responsables 

C'est le cas de Ludovic Ravanel, guide de haute montagne et géomorphologue au CNRS. Il sensibilise la centaine de visiteurs venue admirer la Mer de Glace et ses montagnes : "Vous êtes ici à 1 913 mètres d’altitude et comme tous les jours de l’été vous avez un glaciologue à votre disposition pour vous expliquer le glacier et son évolution..."

Ludovic Ravanel, géomorphologue au CNRS et guide, vient sensibiliser les visiteurs sur l'écroulement de la montagne, à Montenvers.
Ludovic Ravanel, géomorphologue au CNRS et guide, vient sensibiliser les visiteurs sur l'écroulement de la montagne, à Montenvers. © Radio France / Laurence Méride

Ludovic Ravanel a, en effet, constaté depuis quelques années une augmentation des écroulements de parois rocheuses, parfois même par pans entiers, dans le massif du Mont-Blanc. Certes la glace fond à vue d’œil, mais le chercheur insiste avant tout sur l’effondrement de la montagne, conséquence directe de la fonte des glaces : "Les parois rocheuses réagissent tout autour de nous avec la dégradation du permafrost. Le permafrost est une sorte de gel permanent qui rend possible la présence de glace dans les fissures et assure le rôle de ciment. Le réchauffement climatique fait fondre ce gel. Et quand on enlève le ciment des montagnes, les morceaux de roches se détachent."

Les principaux coupables de ces chutes de pierre ne sont autre que le réchauffement climatique et les fortes périodes de canicule. Et pour ne pas arranger les choses, les températures sont deux à trois fois plus importantes en montagne qu'ailleurs. Le risque ? Que de gros volume de roches se détachent de la montagne et provoquent des accidents. C'est d'ailleurs déjà le cas. Selon un rapport de la fondation Petzl, 23 % des incidents et quasi-accidents dans les sports de montagne sont liés à une chute de pierres ou de glace. Par exemple, l'année dernière en Suisse, huit alpinistes sont morts lors de l'effondrement d'une masse rocheuse du Piz Cengalo. En 2005, aux Drus, le fameux pilier Bonatti s'est également effondré. 

Le glacier exerce une pression sur la montagne

En plein mois d’août les deux derniers kilomètres de la Mer de Glace sont gris, couverts de cailloux, de graviers et de sable. Ce sont des détritus de la montagne. Plus le glacier perd en épaisseur moins il exerce de pression sur la montagne et plus celle-ci s’écroule.

Parmi les visiteurs, Fabienne observe le paysage avec une longue vue. La dernière fois qu’elle s’est retrouvée sur la terrasse du Montenvers, c’était il y a 30 ans.

Il y a avait la glace qui descendait vraiment jusqu’en bas, même avec les téléphériques on était à deux doigts de marcher dessus. On laisse plus grand-chose à nos enfants, c’est désolant.

Au début de l'été, il fallait descendre 465 marches pour rejoindre le glacier, aujourd’hui il y en a 50 de plus. 

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