Chikungunya
Chikungunya © MaxPPP/Caro Laurent

Face à un risque d'épidémie généralisée de chikungunya en Guyane, l'agence régionale de Santé a confirmé lundi soir qu'elle allait utiliser par dérogation le malathion. Cet insecticide n'est pourtant pas homologué en Europe pour lutter contre le chikungunya.

La Guyane est victime à son tour depuis huit mois de ce virus propagé par les moustiques. Pour le moment, 1.665 cas ont été recensés dans ce département de 230.000 habitants. Une centaine de personnes a déjà été hospitalisées ces dernières semaines, certaines en réanimation, mais aucune n'a succombée.

Ne pas permettre aux oeufs de se développer

Pour endiguer la progression du virus, un arrêté préfectoral, pris début juillet, permet de verbaliser les propriétaires des quelque 15.000 épaves de véhicules en tout genre, abandonnées dans des terrains privés, parfois en plein centre-ville, et qui sont de parfaits sites de reproduction pour le moustique vecteur de la maladie. Ils risquent maintenant 1.500 euros d'amende et des frais d'enlèvement à leur charge.

Un insecticide pour lutter contre le moustique adulte

Les autorités sanitaires se sont donc finalement résolues à demander une dérogation pour utiliser un insecticide : le malathion, connu pour sa toxicité, mais l'un des seuls réputés efficaces pour se débarrasser massivement des moustiques. Depuis début août, un arrêté interministériel permet donc l'utilisation pour six mois de l' insecticide.

Christian Meurin, le directeur général de l'Agence régionale de santé de Guyane, explique :

Au niveau européen, le malathion n'a pas d'autorisation pour la lutte antivectorielle, par contre le malathion est recommandé par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et est utilisé au Canada et aux Etats-unis.

L'insecticide habituel, la deltaméthrine, n'est plus efficace partout en raison d'une résistance développée par les moustiques à force d'être utilisé dans la lutte contre la dengue. C'est aussi pour cette raison que le malathion ne sera utilisé que durant six mois.

Une explication qui n’a pas convaincu Christophe Duplais, ce chimiste chercheur au CNRS, vit en Guyane. Il a été l'un des premiers à dénoncer l'utilisation prochaine du malathion.

Christophe Duplais

Au pretexte que les américains et les canadiens l'utilisent, on n'a pas mesure l'impact sur la population sur 20 ans

Le malathion sera pulvérisé d'ici plusieurs semaines, le temps d'acheminer les doses de cet insecticide fabriqué en Europe.

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