L'académie de médecine met en garde au sujet de la chirurgie de l'obésité dont le suivi manquerait trop souvent de rigueur.

La chirurgie de l'obésité doit bénéficier d'un suivi à vie.
La chirurgie de l'obésité doit bénéficier d'un suivi à vie. © AFP / A. NOOR

La chirurgie de l'obésité, aussi appelée chirurgie bariatrique, est en plein boom. Le nombre d'interventions a triplé ces dix dernières années et l'on compte désormais près de 50.000 interventions par an.

By-pass, sleeve, anneau gastrique  sont les trois techniques qui se partagent la vedette. Elles s'adressent à des patients dont l'indice de masse corporelle dépasse 40. A court terme, les effets sont spectaculaires, c'est après deux ans que cela se complique. Faute de suivi, les kilos reviennent et les patients ne se sentent pas bien d'où le message porté par l'Académie de médecine aujourd'hui : après une telle chirurgie, il faut une surveillance à vie. 

A l’hôpital européen Georges Pompidou à Paris, 30% des patients qui viennent consulter le professeur Jean-Marc Chevallier sont en situation d’échec après une chirurgie de l'obésité comme il l'explique : " Ils viennent deux à trois ans après l'intervention pour deux raisons majeures : une reprise de poids et des brûlures de l’œsophage très invalidantes".

Long tube étroit

Beaucoup de ces patients ont subi ce que l'on appelle une sleeve, c'est la technique la plus en vogue aujourd'hui. Leur estomac a été réduit et transformé en un long tube étroit. S'ils ont cette inflammation, c'est qu'ils mangent trop ou mal. "Ce qui provoque ces inflammations, c'est le fait d'avoir dans un tube étroit trop d'aliment. Il faut qu'ils mangent différemment en petites quantité,  souvent dans la journée pour éviter ces brûlures" précise le professeur Chevalier. 

Les derniers chiffres à long terme en attestent, faute de suivi, un bon tiers des patients, 10 ans après une sleeve, ont repris leur poids initial. Pour Jean-Marc Chevallier, c'est parce qu'on ne leur dit pas assez les précautions à prendre : "On parle trop d'une opération miracle alors que l'obésité maladive est une maladie chronique. Cette chirurgie implique une surveillance à vie. Le minimum est la surveillance nutritionnelle et diététique et des fibroscopies régulières." 

A l’hôpital Georges Pompidou, 60 % des patients opérés sont toujours suivis 5 ans après l'opération, les autres disparaissent dans la nature, soit par négligence, soit parce qu'ils imaginent à tort qu'ils sont guéris.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.