Deux Françaises font partie des 7 scientifiques couronnés cette année par le Prix Kavli. Doté de 1 million de dollars, ce prix est remis par l'Académie norvégienne des sciences et des lettres dans trois disciplines. Christine Petit, professeur au Collège de France a identifié 20 des 70 gènes à l'origine de la surdité.

Christine Petit et Emmanuelle Charpentier, couronnées du prix Kavli
Christine Petit et Emmanuelle Charpentier, couronnées du prix Kavli © AFP / .

"Héroïne méconnue"de la recherche Christine Petit ? C'est à ce titre qu'elle a reçu le prix Kavli en neurosciences aux côtés de l'Américain James Hudspeth et du Britannique Robert Fettiplace pour leurs découvertes sur les mécanismes moléculaires et neuraux de l'audition. Une autre Française est couronnée par ce prix : Emmanuelle Charpentier pour une technique qui permet de modifier les gènes avec un outil qu'on surnomme "ciseaux moléculaires". Cette scientifique désormais installée en Allemagne est souvent citée comme nobélisable.

Les gènes de la surdité

La chercheuse française de l'institut Pasteur, également professeur au Collège de France fut pionnière dans son approche de la surdité. "C'est mon laboratoire qui a fait entrer la dimension moléculaire dans le traitement du son en initiant une dissection génétique du système auditif" explique Christine Petit. En clair, par que seules quelques milliers de cellules spécifiques sont responsables du traitement du son dans l'oreille, les approches classiques, notamment biochimiques ne donnaient pas de résultat. Son équipe a utilisé l'analyse génétique qui a fonctionné. 

C'est ainsi qu'elle a identifié une vingtaine de gènes responsables de surdité . C'est une famille tunisienne qui l'a mise sur la voie. "Dans les pays développés, les personnes malentendantes s'unissent entre elles" détaille la chercheuse "voilà pourquoi on était incapable de mettre le doigt via les tests auditifs sur des différences permettant de tracer tel gène venant du père versus tel gène venant de la mère". 

Dans le bassin méditerranéen où il existe des isolats géographiques, des zones à forte consanguinité, cela a au contraire été possible. Quand un enfant ne parle pas, on peut penser que la surdité est due à une atteinte génique unique. Ces travaux ont été menées avec des collègues des pays comme le Liban, la Jordanie, l'Algérie, le Maroc,etc. 

Christine Petit a toujours pensé aux personnes atteintes de déficit auditif. C'est ainsi que des tests de dépistage ont rapidement été généralisés pour les formes de surdité héréditaires notamment . A présent, elle estime que ses travaux ouvre la perspective de traitement pour guérir de la surdité. Un espoir qu'il ne faudrait pas doucher par nos comportements. Car au delà des atteintes génétiques, nous sommes tous concernés en raison de l'utilisation prolongée des écouteurs aujourd'hui. 

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