Comment apprendre ? Comment retenir une information ? Comment lutter contre l'oubli ? Existe-t-il des trucs ? Les conseils et les méthodes de nos spécialistes.

Le cerveau, siège de la mémoire
Le cerveau, siège de la mémoire © AFP / ALFRED PASIEKA/SCIENCE PHOTO LIBRARY

Ce mot, on l’a sur le bout de la langue, mais au moment de devoir s’en servir, on l’a oublié. A l’approche du bac, ou pour des raisons professionnelles, muscler sa mémoire s'avère utile.

Dans l’émission Grand bien vous fasse, d’Ali Rebeihi, un neurologue, un mentaliste, et un champion de la mémoire ont fait le point. Ils nous livrent leurs astuces pour mieux mémoriser.

La méthode SEL

"S" comme sens, "E" comme enfance pour l’imagination, et "L" comme lien entre les données.L'idée est de s’inventer une histoire.

Par exemple, pour se souvenir des noms des planètes du système solaire, on imagine que l'on a une boule de feu (le Soleil), à côté de cette boule de feu, et un thermomètre (au mercure pour Mercure) qui éclate à cause de la chaleur.
Donc des billes de mercure s’échappent et se regroupent jusqu’à former une statue, une belle femme (Vénus). On peut ensuite imaginer qu’elle se saisit d’un poignée de terre (la Terre) pour la lancer sur un personnage rouge, et énervé (Mars). Ensuite on s’invente qu’un géant avec une mèche en forme de J vient le calmer (Jupiter). Sur son tee-shirt : il a un soleil, « sun », en anglais pour Saturne, Uranus et Neptune.

Une méthode SAC (sélection, association, connection)

L’idée de créer une accroche narrative et pour relier deux informations de créer des associations qui vont nous aider à mieux retenir.

Par exemple : comment se souvenir que Minsk est la capitale de la Bielorussie ? Il faut créer un lien, une connexion.

  • Soit on créer une accroche logique : peut-être êtes-vous déjà allés en Biélorussie, peut-être avez-vous un ami qui vient de là-bas ?
  • Soit se fabrique une connexion loufoque : par exemple, on imagine une belle Russe, et pour Minsk : « mint » ou « Minnie » qui fait du ski. Ensuite on les associe. On se fait des petites scénettes mentales avec nos associations : on imagine Minnie qui percute une belle Russe avec de la neige… Pendant quelques jours, il faut se raconter l’histoire à nouveau puis après quelques temps, l’information est ancrée, plus besoin de convoquer des images.

La méthode des "loci" (des lieux)

C’est une très ancienne méthode mnémotéchnique. Elle propose de revisiter notre palais mental. Elle part du principe que notre cerveau est génial et qu’il a déjà plein de souvenirs. Il se souvient très bien d’une maison dans laquelle on a habité.

Si on revisite mentalement cette maison, on peut se surprendre de voir à quel point on la connait bien, d’ailleurs. Et comme on la connait bien on peut par association d’idées y déposer des images mentalement. Cela fonctionne très bien si l’on observe l’architecture du cerveau : dans l'hypothalamus, des cellules de lieu s’activent en fonction de certain lieux visités... Et c’est la même région qui s’occupe de la mémorisation !

Retenir les visages et les prénoms

La première chose, c’est de vouloir retenir. Donc de bien vouloir prêter assez d’attention pour l’écouter, et d’oublier ce qu’on avait envie de dire après qu’on ait eu l’information, pour rester concentré. Ensuite, il faut se trouver un moyen mnémotechnique : par exemple : la personne s’appelle François. Comme le président sortant.

Trouver un lien avec l’individu : affûter son observation. Remarquer un détail physique ou un accessoire que l'on pourrait retenir.

Le fait de passer du temps à chercher des connexions qui pourraient exister dans notre cerveau, loin d’être inutile, fixe l’information.

Faire du sport

Une activité sportive est l’un des moyens préconisés pour mieux retenir des informations. Elle permet d’évacuer le stress qui est néfaste pour la mémorisation, cela favorise l’oxygénation du cerveau, et donc stimule le flux sanguin. Mieux nourri, le cerveau mémorise mieux. Surtout, le sport favorise la neuro-genèse : la création de nouveaux neurones dans le cerveau en particulier dans la région de la mémoire.

A savoir

  • On se souvient surtout des expériences répétées et le reste on l’oublie. Pour se souvenir, il faut de la répétition.
  • Nous sommes inégaux face à la mémoire, notre capacité est génétique. Par ailleurs, aucun aliment n’améliore la mémorisation. Même le poisson !
  • En revanche le manque de sommeil, parce qu’il induit le manque de concentration, et le stress, parce qu’il paralyse la mémoire, sont néfastes.

Les invités étaient

  • Emmanuelle Giuliani journaliste La Croix
  • Stéphane Epelbaum, neurologue
  • Sébastien Martinez (duplex Aix) champion de France de la mémoire. I l a écrit Une mémoire infaillible ed. Premier Parallèle
  • Fabien Olicard, auteur deVotre cerveau est extraordinaire ed. First
  • Aline Perraudin de Santé Magazine
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