Le réchauffement climatique va-t-il avoir raison du ski dans les Alpes du Nord ? La Cour des comptes s’interroge, puisqu’elle y consacre l'un des chapitres de son rapport annuel.

Le réchauffement climatique va-t-il avoir raison du ski dans les Alpes du Nord ?
Le réchauffement climatique va-t-il avoir raison du ski dans les Alpes du Nord ? © AFP / Philippe Turpin

Il faut, dit la Cour des comptes, changer rapidement le modèle de développement des 131 stations de ski des Alpes du Nord. Le réchauffement climatique ne leur laisse pas le choix.  Dans ces stations, il est nécessaire de s’adapter ou de se reconvertir.

De plus en plus de neige artificielle

En effet, "entre 1880 et 2012, les températures moyennes dans les Alpes ont augmenté de plus de 2 degrés" selon le rapport. Il y aura donc de moins en moins de neige et également une élévation de l'altitude où la neige tient au sol. Le déficit d'enneigement fragilise toutes les stations. Dans les plus hautes, on met en place des enneigeurs : six ont par exemple été installés à l'automne 2017 aux Deux-Alpes entre 3.200 et 3.300 mètres d'altitude.

Or, "la viabilité économique de l'exploitation d'un domaine skiable suppose une durée minimale d'ouverture de 100 jours (généralement entre le 1er décembre et le 15 avril". 

Pour la Cour des comptes, "les objectifs environnementaux sont insuffisamment pris en compte dans l'exploitation des installations existantes comme dans les projets de développement".

Chamonix fait figure d’exception, en-dehors de cette ville, l'enquête n'a pas observé de démarche structurante visant à lutter contre les causes du réchauffement.

La Cour constate par exemple que "l'accès à la plupart des domaines skiables repose souvent sur la voiture individuelle, sans que des solutions alternatives ne soient étudiées". 

Les Sages recommandent aux stations de diversifier leur offre touristique. Et comme pour les activités d'hiver, cela reste souvent conditionné à la présence de neige (raquettes, luge, ski nordique...), il est conseillé de se pencher sur les activités d'été (culturelles, patrimoniales, sportives), qui pourraient compenser au moins en partie la moindre activité hivernale. 

Cependant la diversification des activités ne suffira pas. Les projets de développement doivent suivre. À Megève, on a modernisé le Palais des sports et proposé de nombreuses activités mais les capacités d'hébergement sont insuffisantes.

Il sera sans doute "difficile de trouver le bon équilibre pour éviter le développement à outrance, car l'équilibre même des activités estivales sera difficile à atteindre". 

Développement des activités estivales

Pour le moment, les projets qui sont tentés le sont à court terme. La majorité de ces opérations visent à préserver l’enneigement. Pour y parvenir, on doit recourir à des "expédients coûteux qui seront difficilement soutenables, comme l’aménagement de nouveaux espaces skiables, le déplacement en altitude, le remodelage de pistes, ou l'apports de neige artificielle", souligne encore la Cour des comptes.

La neige de culture qui était au départ supposée compenser les manques ponctuels de neige, s’est aujourd'hui généralisée avec un taux d'équipement (pourcentage des pistes enneigées ou enneigeables rapporté à la surface totale des pistes) de 32%

En conclusion, la Cour des comptes souligne que "l'altitude des grands domaines skiables, le niveau d'équipement des stations intégrées et la qualité des sites et des paysages permettront le maintien d'un tourisme d'hiver attractif dans le massif nord-alpin", mais que "toutes les stations ne seront pas égales devant les évolutions et certaines devront faire des choix allant jusqu'à la reconversion". 

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