Embarquez pour un vol de nuit en compagnie de Maxime Zucca. Cet ornithologue étudie les oiseaux migrateurs avec une curiosité sans cesse renouvelée

Vol d'oiseaux migrateurs
Vol d'oiseaux migrateurs © Getty

"En pleine seconde guerre mondiale, les militaires britanniques sont occupés à surveiller toute intrusion ennemie dans leur espace aérien avec un nouvel outil : le radar. S'ils savent reconnaître la signature de la pluie sur leurs écran, de nombreux échos inconnus apparaissent certaines nuits étoilées, mystérieux. Ils les appellent des anges. Ces anges qui traversent le ciel par milliers, certaines nuits du printemps et de l'automne, sont en fait des oiseaux migrateurs. Invisibles, on les entend quelquefois émettre leur cris de vol lorsqu'ils sont suffisamment bas dans le ciel. Il faut sinon s'éblouir des heures entières, une longue vue braquée sur le disque lunaire, pour avoir quelques chances de mesurer l'intensité de leur défilé."

Ce texte, extrait d'un article publié dans le dernier numéro de la revue Reliefs consacré au ciel, est signé Maxime Zucca. Ornithologue, chargé de mission naturaliste à Naturparif, il étudie depuis des années le comportement des oiseaux migrateurs.

Et comme il l'évoque dans ce texte, ce sont notamment les radars qui permettent d'en savoir plus sur ces grands voyageurs ?

(Ré)écouter les Savanturiers de Fabienne Chauvière | Les oiseaux migrateurs et le monde intergalactique

Lorsque l'on entend des histoires d'oiseaux migrateurs, il y a souvent un côté émouvant. Ils partent longtemps, ils volent haut. C'est difficile physiquement.

Certains font jusqu'à 20 000 kms . Voyages incroyables, qui d'année en année s'améliorent. Les oiseaux auront tendance à éviter ce qui ne leur à pas plu l'année précédente pour privilégier une route qui leur a plu.

Pourquoi et comment ?

Si le pourquoi est assez évident, le comment reste la partie la plus passionnante et intrigante confie Maxime Zucca. Les oiseaux héritent d'un programme génétique, transmis par leurs parents, qui leur indique en quelque sorte de migrer pendant 10 nuits vers le Sud-Ouest, puis 5 vers le Sud.

Mais ce n'est pas tout, comme tous navigateurs, les oiseaux se repèrent également grâce aux étoiles. Des chercheurs se sont amusés dans des planétariums a retirer l'une après l'autre les différentes constellations et il apparaît que c'est tout un réseau d'étoiles autour de l'étoile polaire qui, si on le retire, perturbe beaucoup l'orientation des oiseaux.

Et enfin, ils utilisent le champ magnétique, ce qui a également fait l'objet de nombreuses expériences.

Avant de partir, les oiseaux s'alimentent afin de pouvoir voler une nuit entière et parcourir en moyenne 3 à 400 kilomètres puis s’arrêtent 3 ou 4 jours pour s'alimenter à nouveau.

Pour certains grands obstacles, mer ou désert, on constate que même de petits oiseaux peuvent voler 2 ou 3 jours d'affilée sans se poser. Ils doivent alors faire des réserves conséquentes. Certains doublent leur poids.

Une mémoire d'éléphant

C'est l'un des autres points d'étude des scientifiques. Les oiseaux se souviennent-ils vraiment des lieux par lesquels ils sont passés ? Oui, semble-t-il, et souvent parce qu'il y ont trouvé nourriture à leur goût.

Actuellement, nous sommes dans l'une des rares périodes de creux pour les migrations. C'est la période de reproduction, les oiseaux sont occupés à nicher et à élever leur petit. Ceux qui migrent, sont ceux qui nichent très au nord. Ils sont encore en déplacement au nord de la Russie notamment, dans la toundra, ou les dernières neiges commencent juste de fondre.

Dans l'autre sens, ceux qui ont échoué, qui n'ont pas trouvé de partenaires, repartent déjà vers le Sud.

Les bons spots

Et si vous aussi, vous avez envie de voir soudain passer les oies sauvages, il y a quelques endroits incontournables que nous rappelle Maxime Zucca

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