Qui d'entre nous ne s'est jamais dit : "Je suis sûr(e) que je lui plais" ou, au contraire, "Je ne pense pas que je l'intéresse" ? Et bien sachez qu'il y a de fortes chances que vous soyez frappé de cécité émotionnelle et le professeur de psychologie sociale Lubomir Lamy vous explique pourquoi.

Une jeune femme sourit à un jeune homme
Une jeune femme sourit à un jeune homme © Getty / Thomas Barwick

"Si j’ai vraiment l’impression que je plais à quelqu’un que je viens de rencontrer, est-ce que je peux me tromper ?" demandait Myriam à l'équipe des P'tits Bateaux dimanche dernier. Il est vrai qu'il n'est pas toujours facile de démêler le vrai du faux en matière de sentiment amoureux.

Lubomir Lamy, professeur en psychologie sociale à l'Université Paris-Descartes et auteur de "L'amour ne doit rien au hasard" aux éditions Eyrolles, expliquait à Noëlle Bréham pourquoi nous faisons souvent fausse route dans nos jugements. En effet, la loi qui s'applique de façon générale est celle de la cécité émotionnelle

La vérité, c'est que nous ne voulons ou ne pouvons pas accepter la vérité des sentiments d'autrui à notre égard. 

L'expérience du speed-dating

Des études ont été réalisées lors de séances de speed-dating. Lors de ces événements, chaque personne essaie de rencontrer un maximum de partenaires potentiels repérés par un numéro ou par un prénom, puis à la fin, font le bilan sur les personnes qu'elles aimeraient revoir ou non. Lors d'une des expériences réalisées, il a été demandé aux hommes et aux femmes présents d'exprimer leurs sentiments sur l'autre à l'issue d'une rencontre ayant duré 4 minutes.

"Est ce que votre interlocutrice ou interlocuteur vous a plu ?", "A quel degré cette personne vous a plu sur une échelle de 1 à 9 ?", Est ce que vous aimeriez revoir cette personne ?"

Une fois récupérées toutes les données, les auteurs de l'étude ont croisé ces informations... Et la cécité émotionnelle se révélait être le cas le plus fréquent. 

La plupart des gens pensaient : "Cette personne me plaît et je suis sûr que c'est réciproque". Et la personne concernée de répondre : "Non, cette personne ne m’intéresse pas, je n'ai pas envie de la revoir". À l'inverse, certaines personnes se disaient : "Oui je l'ai remarqué mais je ne crois pas que je l'intéresse". Alors que l'intéressée répondait : "Mais si, j'aimerais beaucoup revoir cette personne". Pour résumer, beaucoup de monde tapait à côté.

Les relations amoureuses vouées à une éternelle incompréhension ?

Il arrive souvent que l'on cherche à masquer notre émoi face à la personne qui occupe nos pensées. Et dans le domaine de la dissimulation des sentiments, le professeur Lamy explique que les femmes ont une longueur d'avance sur la question par rapport aux hommes. Elles le pratiquent plus souvent, plus facilement et cela apparaît dans leur langage non-verbal. En début de relation, il y a donc de fortes probabilités pour que madame ne laisse rien paraître et reste sur la réserve.

Il explique ainsi que plus la femme est intéressée par un partenaire, moins elle le lui montre et reste prudente. Dans une situation inverse, c'est à dire qu'elle ne se sent pas forcément attirée par l'autre, elle parlera plus librement, de façon plus détendue et spontanée. Elle s'exprimera davantage sur elle-même. Ainsi donc le message est masqué... 

Or, les hommes ne sont pas les "champions du décodage" en matière de langage non verbal. Et frappé de cette cécité émotionnelle sus citée, un homme pourra penser que le courant passe entre les deux. Il risque alors de se retrouver démunis dans un beau quiproquo ou une situation gênante.

Néanmoins, il subsiste l'espoir que les deux entités arrivent parfois à être sur la même longueur d'ondes, sinon, il n'y aurait pas cher à donner de l'avenir de l'humanité.

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