Quand nous partons nous balader en forêt, sous les branches d'arbres qui semblent être là depuis une éternité, on peut parfois se poser la question : comment cette forêt s'est formée ? C'est ce que Lina a demandé à l'équipe des "P'tits bateaux" et c'est l'ingénieur forestier Ernst Zürcher qui lui a répondu.

Chemin à travers la forêt de Puck's Glen en Écosse
Chemin à travers la forêt de Puck's Glen en Écosse © Getty / ClickAndPray Photography

"Comment les forêts se forment ?" se demandait donc Lina. D'où viennent ces grands arbres qui étendent leurs branches au-dessus de nos têtes ? Noëlle Bréham a transmis cette question à Ernst Zürcher, ingénieur forestier, docteur en sciences naturelles, professeur et chercheur en sciences du bois à la haute école spécialisée bernoise, chargé de cours à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) et à l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (ETHZ).

Il nous propose d'imaginer qu'une avalanche, ou un glissement de terrain emporte une forêt qui se trouve sur son passage. Il ne reste alors qu’un sol minéral, entièrement dénudé. Comment la forêt va se réimplanter sur cette terre a priori hostile ?

Un peu comme un événement magique, une métamorphose va pouvoir être observée sur ce sol. Différentes essences ou espèces d’arbres vont entrer en scène dans ce processus : une succession forestière va se mettre en place. 

Tout d’abord, des essences dites de « lumière » ou « pionnières » vont s'implanter. Il s'agit d'arbres qui ont besoin de beaucoup de lumière. Leurs graines sont légères et arrivent portées par le vent. Ce sont les saules, les bouleaux, les mélèzes… ils pourront pousser sur une terre très pauvre. En revanche, ils ne pourront pas vivre très longtemps. Leur mission : grandir et se disséminer rapidement, avec un maximum de graines.

Sous la couronne de ces arbres de « lumières » qui vont se développer, l’ombre est relativement faible et diffuse. Cette ombre va permettre le début d’une formation d’un humus, grâce aux feuilles et aux branches mortes qui vont tomber au sol. 

Avec ce premier humus et cette première ombre, la deuxième étape s'enclenche. Nous avons l’implantation d’une série d’arbres, que l’on appelle arbres « demi-lumière », ensuite les arbres de « demi-ombre » ou « intermédiaires », et progressivement une cohorte d’arbres fait la place à une autre série d’arbres. Ils vont pouvoir s’implanter dans un sol de plus en plus riche pour arriver à ce que l’on appelle une forêt « climax » composée d’essences d' « ombres ». Plus hauts, plus solides, plus gros, ces arbres pour protéger des sols très riches, capables de stocker énormément d’eau. Une forêt efficace par rapport au cycle hydrique. 

C’est la succession naturelle des forêts. La sylviculture, ou culture des arbres, naturelle imite ce processus. Elle tient compte de ces phénomènes et en tire profit. Les arbres sont plantés en successions permettant un partenariat entre eux contrairement aux plantations où les arbres sont en concurrence. Ces derniers sont plus sensibles aux maladies, moins intéressants, avec du bois de qualité inférieure.

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