A l'occasion des journées Portes ouivertes de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris, le grand public peut découvrir une partie des techniques et des soins délivrés aux patients. En particulier, la stimulation magnétique transcrânienne, une technique expérimentée pour soigner les troubles obsessionnels compulsifs.

Le dispositif est testé depuis quelques semaines à la Pitié-Salpêtrière, à Paris
Le dispositif est testé depuis quelques semaines à la Pitié-Salpêtrière, à Paris © AFP / Geoffroy Van Der Hasselt / ANADOLU AGENCY

Chaque année fin mai, l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris ouvre ses portes aux scolaires et aux particuliers, pour permettre aux scolaires et aux particuliers de découvrir les blocs opératoires, les labos, et découvrir les métiers et services des 39 hôpitaux parisiens qui accueillent chaque année plus de 10 millions de malades. Une opération dont France Inter est partenaire. 

L'une des techniques qui seront montrées au public, c'est la stimulation magnétique transcrânienne, à la Pitié-Salpêtrière. Déjà utilisée pour traiter la dépression, elle est expérimentée depuis peu pour tenter de soigner les malades atteints de troubles obsessionnels compulsifs (TOC) sévères. 

Impulsions électriques

Comment ça marche ? Henrik, 24 ans, est hospitalisé pour dix jours : pendant cette cure, matin et soir, il va mettre un casque, et subir vingt minutes de stimulation magnétique transcrânienne. Cela signifie qu'au niveau d'une zone bien précise du cerveau, en l’occurrence le cortex orbitofrontal latéral, le casque envoie des impulsions magnétiques à peu près chaque seconde.

C'est un choc précis au-dessus de l'oeil, toujours au même endroit, une espère de gêne accentuée.

S'il participe à cette cure, c'est parce qu'Henrik souffre depuis deux ans de TOCs qui lui pourrissent la vie, de son propre aveu : "La peur de contaminer quelqu'un et la peur de faire du mal aux autres ; c'est handicapant au point de m'empêcher de chercher un travail", se confie-t-il. A défaut de supprimer totalement ces tocs envahissants, ces séances peuvent permettre de les réduire au moins de moitié

Des effets en plusieurs semaines

"On considère que c'est à ce niveau-là que le cerveau est en ébullition : la stimulation va atténuer l'hypermétabolisme qui est connu dans cette pathologie au niveau du cortex orbitofrontal", explique le professeur Bruno Millet, psychiatre et directeur de ce service de stimulation au sein de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Estelle, 39 ans, expérimente aussi la méthode. Pour se soigner, auparavant, elle a tout essayé... mais en vain : "Les antidépresseurs, l'hypnose, l'homéopathie, la thérapie comportementale et cognitive... les effets ont été minimes", se souvient-elle. 

Les effets de la stimulation se mesurent en général six à huit semaines après la cure. Tout le monde n'y est pas réceptif, reconnaissent les spécialistes, mais lorsque ça fonctionne, il est recommandé de faire plusieurs cures à plusieurs mois d'intervalle. 

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