On respire beaucoup mieux depuis le confinement. La pollution au dioxyde d’azote, liée au trafic routier, a diminué de façon drastique partout en France. C’est le bilan des organismes indépendants chargés de mesurer la qualité de l’air. En revanche, la pollution aux particules fines persiste, voire augmente.

On constate une baisse spectaculaire de la pollution due aux voitures du fait du confinement
On constate une baisse spectaculaire de la pollution due aux voitures du fait du confinement © Radio France / Philippe Paupert

C’est du jamais vu. La semaine dernière, les concentrations de dioxyde d’azote (NO2), un gaz très toxique principalement  émis par le trafic routier, notamment par les diesels,  ont diminué de moitié en Bretagne et dans la Région Centre-Val de Loire, de 40% dans les Hauts-de-France, de 45% dans les Hauts-de-France, jusqu’à 88% sur certains capteurs en Guadeloupe. Une baisse spectaculaire de - 30% enregistrée également en Île-France.

Selon Karine Léger, directrice d’Airparif, l’organisme indépendant chargé de mesurer la qualité de l’air en Île-de-France, ce genre de mesure est une première. "Il arrive que l’on enregistre ce type de baisse ponctuellement, par exemple un dimanche, l’hiver avec beaucoup de vent et de pluie. Mais le fait que ce soit généralisé sur toute l’Île-de-France, voire sur toute la France et sur une période aussi longue, c’est exceptionnel."

Exceptionnel mais pas étonnant, puisque le confinement a entraîné logiquement une baisse des déplacements et de la circulation routière.

Ce vendredi 27 mars, l'Agence spatiale européenne publie de nouvelles images qui illustrent cette diminution spectaculaire de la pollution. Elles ont été prises par le satellite Sentinel 5P, lancé en octobre 2017 dans le cadre du programme européen Copernicus. Il s'agit du satellite le plus performant au monde pour mesurer la pollution atmosphérique.  

Ces images, utilisant les données du satellite Copernicus Sentinel-5P, montrent les concentrations moyennes de dioxyde d'azote du 14 au 25 mars 2020, par rapport aux concentrations moyennes mensuelles de 2019.
Ces images, utilisant les données du satellite Copernicus Sentinel-5P, montrent les concentrations moyennes de dioxyde d'azote du 14 au 25 mars 2020, par rapport aux concentrations moyennes mensuelles de 2019. / KNMI/ESA, CC

"Ce sont des images que le satellite 5P, précurseur en matière d’observation de la pollution atmosphérique, a récoltées du 14 mars au 25 mars 2020 et qui sont comparées à la moyenne du mois de mars de 2019" , explique Simonetta Cheli, du département Observation de la Terre de l'Agence spatiale européenne, "Nous montrons une réduction importante des dioxydes d’azote au-dessus de Paris, Madrid ou Milan dans le Nord de l’Italie, liée au confinement".  

Pas de baisse notable de la pollution aux particules fines 

Mais en ce début de printemps, d’autres types de pollution de l’air persistent. C’est notamment le cas pour les particules fines. Dans certaines régions, comme l’Île-de-France, le Grand Est et dans le sud de France, les concentrations de PM10 sont même en hausse. 

En cause ? La météo actuelle (vent faible et températures en hausse) est favorable aux réactions chimiques dans l’atmosphère. Autre explication : l’activité agricole reprend, c’est la saison des épandages, certains capteurs enregistrent une augmentation du nitrate d’ammonium et d’ammoniac dans l’air. 

"Sans confinement on aurait sans doute connu des pics de pollution la semaine dernière"  

"Cela s’apparente à ce que nous appelons un épisode de pollution printanier", explique Marine Tondelier, déléguée générale d’Atmo France, la fédération qui regroupe l’ensemble des Associations agréées de surveillance de la qualité de l’air (AASQA) sur le territoire, qui continue de travailler pendant le confinement : "On a une augmentation des températures  et un ensoleillement plus important , cela favorise la formation de particules fines dans l’atmosphère qui sont notamment issues de source agricole et aussi liées au chauffage au bois". 

Conclusion : s’il n’y avait pas de confinement, les émissions liées au trafic routier se seraient ajoutées à la pollution aux particules fines et nous aurions sans doute connu des pics de pollution dans certains endroits du territoire, notamment en Île-de-France.   

> Consultez le résumé de la qualité de l’air région par région, communiqué par les Associations agréés de surveillance de la qualité de l’air. Elles ont comparé la situation pré-confinement et la situation au bout d’une première semaine de confinement.

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