Selon une étude menée par l'Institut Pasteur autour des écoles primaires de Crépy-en-Valois (Oise), là où le coronavirus a massivement circulé dès fin janvier, la transmission est peu élevée entre les jeunes enfants. Une nouvelle rassurante à l'heure du retour en classes des élèves dans les écoles et les collèges.

L'étude de l'Institut Pasteur sur les écoliers de Crépy-en-Valois et leur entourage tend à montrer que les enfants de moins de 10 ans sont moins contagieux que les ados et les adultes.
L'étude de l'Institut Pasteur sur les écoliers de Crépy-en-Valois et leur entourage tend à montrer que les enfants de moins de 10 ans sont moins contagieux que les ados et les adultes. © Maxppp / IP3 PRESS

C'était l'un des premiers foyers épidémiques de coronavirus en France. Dans la chronologie du Covid-19 dans l'hexagone, l'Oise a été touchée dès la fin du mois de janvier, connaissant son pic de contamination dans le  courant du mois de mars. Et c'est dans la ville de Crépy-en-Valois, l'un des principaux épicentres du développement du virus, que l'Institut Pasteur a mené une vaste enquête épidémiologique fin mars-début avril (1340 personnes y ont participé), et dont France Inter avait révélé les premiers résultats. Une nouvelle étude de l'Institut vient confirmer une tendance déjà observée à l'étranger : les enfants sont moins contagieux, présentent donc moins de risque d'être facteurs de contamination, a contrario des adolescents ou des adultes, et jouent ainsi un rôle très faible dans la circulation du virus. 

"On peut imaginer que ce sont plutôt les parents qui ont infecté les enfants"

Sur 510 élèves de six écoles primaires, 8,8 % ont été infectés, mais très peu l'étaient avant la fermeture des écoles en février. Le professeur Arnaud Fontanet, chef du service épidémiologie de l'Institut Pasteur a conduit cette étude. "On a mis en évidence trois cas, dans trois écoles différentes, d'enfants qui étaient infectés [avant la fermeture des écoles], sans qu'il y ait eu de transmission à d'autres écoliers, ou à des enseignants et des personnels de ces établissements scolaires", détaille-t-il. Ainsi, "les enfants de moins de 10 ans sont moins contagieux pour leur entourage que ne peuvent l'être des adolescents ou des adultes". 

Autre enseignement, lorsqu'une famille est touchée, ce ne sont donc pas les enfants qui transmettent, détaille le professeur Fontanet à France Inter. "Dans les familles, on s'est rendu compte que quand un enfant était infecté, il y avait 60 % des parents qui étaient infectés, et 40 % des frères et soeurs. Comme on sait que ces enfants de moins de 10 ans sont peu contagieux, on peut imaginer que ce sont plutôt les parents qui ont infecté les enfants." La proportion d'infection n'est que de 6,9 % chez les parents d'enfants non infectés.

Par ailleurs, 40 % du petit nombre d'enfants infectés, et on le sait car ils disposaient d'anticorps, se sont révélés totalement asymptomatiques.

Des résultats rassurants dans le contexte du retour en classe

Dans l'ensemble, "les résultats de cette étude sont comparables à ceux d’autres études réalisées à l’étranger", commente Arnaud Fontanet. Surtout, même si l'institut Pasteur précise que ces résultats doivent être confirmés par d'autres études en milieu scolaire, il estime qu'ils sont "rassurants dans le contexte de la réouverture des écoles primaires". Depuis lundi, les élèves des écoles et des collèges sont de retour en classe

En revanche, l'institut Pasteur rappelle que les adolescents sont eux beaucoup plus contagieux. Une étude précédente, menée par les mêmes auteurs, réalisée dans le lycée de Crépy-en-Valois, avait montré que les lycéens, adolescents, avaient été beaucoup plus nombreux à être infectés en février et que les enseignants et autres personnels des établissements scolaires avaient également été touchés par l’épidémie.

Les lycéens ne reprendront d'ailleurs pas le chemin de leurs établissements avant la rentrée de septembre.

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