Une jeune fille de 16 est décédée à l'hôpital Necker à Paris. Sa sœur assure qu'elle n'avait pas d'autres pathologies. L'adolescente avait été testée négative dans un premier temps. Les dépistages sont-ils fiables ? Et de quels tests parle-t-on ?

Un médecin prélève un écouvillon nasal sur une personne présentant des symptômes de COVID-19 à Nice
Un médecin prélève un écouvillon nasal sur une personne présentant des symptômes de COVID-19 à Nice © AFP / Hans Lucas / Arié Botbol

Elle est à ce jour la plus jeune victime du coronavirus en France. Une adolescente de 16 ans est morte dans la nuit de mardi à mercredi à l'hôpital Necker, à Paris. Selon sa soeur, elle n'avait pourtant "pas de maladies particulières avant cela". À l'AFP, sa mère a expliqué que les tests avaient d'abord été négatifs, et qu'un dernier s'était révélé positif. Ce qui pose de fait la question de la fiabilité des tests de dépistage du virus.

Des tests de qualité et de sensibilité diverses

Évidemment, il peut y avoir des tests plus ou moins sensibles et de plus ou moins bonne qualité, car il y a quantité de fournisseurs. Reste que, globalement, dans les hôpitaux par exemple, on utilise des tests dûment validés et donc a priori plutôt très fiables. 

Avec un écouvillon, une sorte de long coton-tige, on va chercher des glaires au fond du nez. Il faut aller jusqu’à 15 cm, jusqu’à la cloison naso-pharyngée et explorer les deux narines. Sans quoi on peut passer à côté du diagnostic, prévient le biologiste Thierry Leclerc. 

Il voit d’ailleurs d’un assez mauvais œil les tests effectués en drive, à la portière de la voiture. Le geste peut manquer de précision."Quand vous devez aller prélever le conducteur, ce n'est vraiment pas évident en se tenant à la portière. Comment vous faites pour lui enfoncer l'écouvillon dans le nez ?"

Test dans le nez ou test dans les bronches ?

L’autre question qui se pose avec le prélèvement nasal, c’est que tous les patients n’excrètent pas forcément du virus par le nez. En début de maladie, peut-être, mais au bout de quelques jours, quand ça s’aggrave et que ça descend dans les bronches, la charge virale dans le nez peut être nulle.

"On sait depuis un mois que lorsqu'on fait le test à partir d'un prélèvement nasal, dans 40% des cas c'est positif et dans 60% c'est négatif", explique Anne Goffard, virologue. "Alors que si on fait un prélèvement profond, dans la trachée, dans les bronches chez les patients qui font des formes graves, chez ces patients-là, dans 80% des cas, c'est positif." 

Le prélèvement dans la trachée ou dans les bronches est donc beaucoup plus pertinent. Si on se contente du prélèvement nasal, on peut passer à côté de la moitié des cas positifs, d’où l’utilité pour les cas graves de faire aussi un scanner, explique un spécialiste.

Il n’est d'ailleurs pas rare qu’un scanner révèle des signes tout à fait évocateurs de la maladie alors que le test nasal s’est révélé négatif.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.