Au début de l’épidémie de Covid-19, on a beaucoup dit que les enfants pouvaient être une source importance de transmission. Depuis, des études ont montré qu’ils étaient moins touchés, et que, en cas de contamination, ils développaient des formes moins graves de la maladie. Pourquoi ?

Les enfants résistent au virus. Pourquoi ?
Les enfants résistent au virus. Pourquoi ? © Getty / Sasi Ponchaisang / EyeEm

Mathieu Vidard a expliqué dans l'émission Le Virus au Carré

"Les scientifiques se sont intéressés, entre autres, à un petit Français de neuf ans qui avait été contaminé au Sars cov-2 [le coronavirus qui déclenche le Covid-19, ndlr]. Mais il n’a contaminé personne parmi les 172 individus  avec lesquels il a été en contact. Lorsque, fin février et début mars, des prélèvements ont été réalisés sur des enfants et des adultes consultant aux urgences ou hospitalisés, les médecins se sont aperçus que la plupart du temps, les tests étaient trois à cinq fois moins positifs chez l'enfant que chez l'adulte.

On a remarqué que les enfants qui étaient contaminés avaient un adulte contaminé dans leur entourage, ce qui est moins le cas dans l’autre sens. Alors que pour la grippe, les enfants sont de grands transmetteurs du virus". 

Pourquoi les enfants sont-ils moins contaminés que les adultes ? 

Parmi les hypothèses qui sont avancées : 

  • Il est possible que la réponse immunitaire des enfants soit différente, parce qu'ils sont globalement plus exposés aux infections virales, ce qui leur permettrait de mieux se défendre face à un nouveau virus. 
  • La vaccination très régulière (contre d'autres maladies) pourrait aussi mieux les protéger en stimulant le système immunitaire. 

"Mais là encore," nuance Mathieu Vidard, "les scientifiques restent partagés sur ces différentes hypothèses, et d'autres facteurs pourraient être en cause dans cette relative protection des plus jeunes"

Robert Cohen est pédiatre infectiologue à l'hôpital intercommunal de Créteil. Il étudie en ce moment 600 enfants en Île-de-France sur le Covid-19. il ajoute deux hypothèses envisageables, là aussi avec prudence : 

  • "À ces deux hypothèses, j’ajouterai une troisième : les enfants n’ont pas les mêmes récepteurs sur les cellules que les adultes - qu’ils en aient moins ou plus ou qu’ils soient différents… et le virus aurait moins de prises. 
  • S’ils sont moins transmetteurs, il y a peut-être une raison physique : en toussant, et en parlant, les enfants, étant plus petits, émettraient moins de particules. Mais nous sommes toujours dans les hypothèses.

Le pédiatre résume la situation : "Si au début, on a cru que les enfants étaient potentiellement dangereux pour la transmission du virus, c’est qu’on a pensé à ce qu’on connaissait : la grippe respiratoire. La science se fait en direct en ce moment. Alors après coup, on a réfléchi."

Aller plus loin

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.