En cas de quatrième vague, l'importance des mesures barrières serait primordiale pour limiter la pression hospitalière, d'après les modélisations effectuées par l'Institut Pasteur. Mais leur scénario montre surtout l'importance de la vaccination, mesure la plus efficace pour contrôler l'épidémie de Covid-19.

En l'absence de mesures de contrôle, un pic d'hospitalisations comparable à celui de l'automne 2020 pourrait être observé, visant principalement les non-vaccinés. Image d'illustration.
En l'absence de mesures de contrôle, un pic d'hospitalisations comparable à celui de l'automne 2020 pourrait être observé, visant principalement les non-vaccinés. Image d'illustration. © AFP / Hans Lucas / Antonin Burat

Comment la vaccination d'une partie de la population française peut-elle influer sur l'évolution de l'épidémie, en cas de rebond cet automne ? Dans ses travaux de modélisation de la dynamique du coronavirus en France et sur l'évaluation de l'impact des mesures de contrôle, l'Institut Pasteur a évalué l'effet que peut avoir la campagne de vaccination anti-Covid en cours, en cas de "quatrième vague", une fois l'été passé. 

Les scientifiques de Pasteur ont étudié plusieurs scénarios, avec ou sans mesures de contrôle et la prévision (plutôt optimiste) d'une couverture vaccinale d'environ 30% des 12-17 ans, 70% des 18-59 ans et 90% des plus de 60 ans. Très clairement, leurs hypothèses soulignent l'importance des mesures barrières en cas de rebond épidémique. En l'absence de mesures de contrôle, un pic d'hospitalisations comparable à celui de l'automne 2020 pourrait être observé, visant principalement les non-vaccinés. 

Les non-vaccinés ont 12 fois plus de risque de transmettre le virus

Selon le scénario établi par les modélisateurs, les personnes non-vaccinées contribueraient "de façon disproportionnée à la transmission". Une personne non-vaccinée a douze fois plus de risque de transmettre le coronavirus qu'une personne vaccinée, rappelle Pasteur. Ainsi, les personnes non-vaccinées de plus de 60 ans représenteraient 3% de la population mais 35% des hospitalisations. L'Institut Pasteur estime ainsi que la vaccination reste la mesure la plus efficace pour contrôler au mieux l'épidémie. Reste donc à convaincre les non-vaccinés, en particulier chez les plus fragiles. En prenant en compte l'avancement de la vaccination et un maintien de certaines mesures, "l'effort nécessaire pour contrôler un rebond épidémique devrait être nettement moindre que pendant la période pré-vaccinale".

D'ailleurs, distanciation physique, gestes barrières ou port du masque ont visiblement un impact quasi équivalent si elles sont appliqués à toutes et tous ou seulement aux non-vaccinés. "L’adhésion des personnes vaccinées à ces mesures apporte peu de bénéfices supplémentaires", indique l'Institut. Et d'ajouter que, "dans une population partiellement vaccinée, des mesures de contrôle ciblant les personnes non-vaccinées (par exemple avec le pass sanitaire) pourraient permettre de maximiser le contrôle de l’épidémie tout en minimisant le coût pour la société" même si "cela soulève des questions éthiques et sociales qu’il est important d’explorer".

Enfants et adolescents à l'origine d'une transmission sur deux

La question des enfants et les adolescents, suscite aussi l'inquiétude des modélisateurs qui estiment que leur vaccination doit se poursuivre. Ces tranches d'âges (20% de la population), qui seraient encore peu vaccinées à l'automne, représenteraient ainsi la moitié des infections, selon le scénario de Pasteur. "En cas de reprise de l’épidémie, le contrôle de la circulation virale dans les écoles, collèges, lycées pourrait être nécessaire pour diminuer la pression sur le système hospitalier." L'Institut préconise toutefois des mesures "efficaces de contrôle de la circulation virale" permettant "de limiter autant que possible" les fermetures de classe.