Dans son dernier avis, le Conseil scientifique souligne l'impact "très négatif de la déscolarisation sur l'apprentissage". Les membres de l'instance jugent par ailleurs "insatisfaisante" la situation actuelle en milieu professionnel.

Des fermetures de classe, en "dernier recours", plaide le Conseil Scientifique
Des fermetures de classe, en "dernier recours", plaide le Conseil Scientifique © AFP / LILIAN CAZABET

C'est la hantise de tous les parents et du gouvernement : la fermeture des écoles, comme lors du premier confinement, pour freiner l'épidémie de Covid-19. Dans l'avis transmis le 11 mars à l'exécutif, le Conseil scientifique recommande de ne fermer les établissements scolaires de maternelle et d'élémentaire qu'en "dernier recours".

Un impact peut-être irrattrapable

"La fermeture d'écoles apparaît comme une mesure sanitaire extrême de dernier recours, dès lors que des protocoles sanitaires efficaces existent", souulignent les membres de l'instance. Une telle décision a des conséquences que les Français ont déjà pu mesurer. La déscolarisation a un impact "très négatif" sur l'apprentissage, "et même peut-être irrattrapable pour les enfants issus de familles défavorisées ou en situation précaire", est-il écrit dans l'avis. 

"La circulation du virus en milieu scolaire reflète plutôt celle qui est observée au sein de la collectivité", poursuit le Conseil scientifique. 

"La meilleure façon de garder les écoles ouvertes est donc de réduire la transmission du virus dans la communauté. Le risque majeur réside dans la transmission du virus des enfants infectés à leurs parents et grands-parents, d'avantage sujets aux formes graves de la maladie."

En revanche, le Conseil scientifique est plus souple vis à vis des collégiens et lycéens : "En cas de situation sanitaire critique, la présence au collège et au lycée peut être graduée". Ou encore fonctionner en alternance.

Pour une stratégie régionale et ciblée

Dans son avis, les experts pointent du doigt la situation "insatisfaisante" en milieu professionnel. Ils appellent à un durcissement des protocoles sanitaires, "en particulier lors des repas", avec des moyens pour contrôler qu'ils sont bien respectés.

De façon plus générale, le Conseil scientifique confirme que la tension dans les hôpitaux pourrait atteindre des niveaux très importants : "Sans réductions supplémentaires des taux de transmission et avec l'effet des variants, on peut s'attendre à observer un pic d'hospitalisations supérieur à celui de mars 2020". 

Un allègement dans certains territoires

Ses membres plaident pour une "stratégie précoce, régionale, ajustée et ciblée", en particulier au niveau régional, où elle doit être "extrêmement réactive et dans l'anticipation." Cela concerne en particulier, mais sans le dire, la situation de l'Ile-de France, car le seuil de 400 cas pour 100.000 personnes a été dépassé. On est en tout cas loin des préconisations de la fin du mois de janvier, quand le Conseil demandait un confinement strict de quatre semaines.

Cette stratégie, précisent les experts, permettrait "d'envisager, dans les territoires à taux de transmission du virus très bas, un allègement progressif des mesures restrictives les plus strictes". Cet allègement pourrait notamment concerner les lieux culturels, "y compris cinémas et théâtres".

Malgré tout, le Conseil évoque "des semaines difficiles au printemps, notamment dans certaines régions. La sérénité ne reviendra qu’avec la vaccination."