Des opérations de criblage du coronavirus sont menées à grande échelle, a expliqué jeudi Olivier Véran. Elles ont permis d'établir la présence importante de plusieurs nouvelles souches - sud-africaine et brésilienne - en Moselle. Malgré tout, le nombre de tests "criblés" est bien en dessous de ce qu'il devrait être.

L'objectif fixé au début du moins était que tous les cas positifs soient criblés pour détecter la présence ou non d'un variant
L'objectif fixé au début du moins était que tous les cas positifs soient criblés pour détecter la présence ou non d'un variant © AFP / Bertrand GUAY

Jeudi dernier, Santé publique France annonçait 36 % de suspicions de variant anglais et 5 % de suspicions de variant sud-africain ou brésilien. Le tout sur la base de seulement 45 % de tests positifs criblés, c'est à dire passés par un kit spécifique qui détecte les cas potentiellement associés à ces trois variants qui inquiètent. Le criblage systématique de tous les tests positifs est pourtant obligatoire depuis le 7 février. Or, à l'heure qu'il est, moins de la moitié des tests positifs sont effectivement criblés. 

Pourquoi ce retard ?

La tendance qui a été donnée par Santé publique France, même si elle porte sur moins de la moitié seulement des tests positifs, est sans doute assez proche de la réalité. Il n'empêche, l'objectif fixé au début du mois, était bel et bien que tous les cas positifs soient passés au tamis pour détecter la présence ou non d'un variant. Et il est vrai qu'on est pour l'instant loin du compte, même si certains laboratoires privés, dans le Grand-Est notamment, estiment être largement au-dessus de cette moyenne de 45 %. 

À leur décharge, ils expliquent que la décision de cribler systématiquement a été prise relativement à la hâte. Il a fallu trouver des kits de criblage, l'administration ne les a pas forcément homologué aussi vite que l'auraient voulu les fournisseurs. Il a fallu aussi comprendre les directives souvent peu claires au début. Enfin, la plateforme Si-Dep, qui recense les cas positifs, n'a pas toujours très bien fonctionné pour la remontée des cas suspects. 

Tout cela s'est soldé par un coup de gueule du patron de l'Assurance maladie jeudi dernier. Il a menacé les laboratoires qui manquent à ce devoir de criblage de pénalités financières, voire de ne plus leur rembourser le test initial. Les syndicats de la profession ont dans la foulée rédigé un courrier à tous les laboratoires pour leur rappeler leurs obligations : atteindre au moins 95% de criblage au plus vite.

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