Les vaccins sont là, mais il n'y a toujours pas de réel traitement contre la Covid-19. C'est pourquoi les résultats encourageants des traitements à base d'anticorps fabriqués par génie génétique font grandir l'espoir de disposer d'une nouvelle méthode pour lutter contre l'épidémie.

Les anticorps monoclonaux sont "une opportunité à saisir" vient d'écrire l'académie de médecine
Les anticorps monoclonaux sont "une opportunité à saisir" vient d'écrire l'académie de médecine © Visactu / Science Photo Library / Christoph Burgstedt

Alors qu'il n'existe pas encore réellement de traitement contre la Covid, l'attention se porte de plus en plus sur les anticorps monoclonaux. Utilisés depuis déjà deux mois aux États-Unis et au Canada, l'Allemagne vient tout juste d'en autoriser l'accès. Et en France, l'Académie de médecine vient d'écrire dans un avis que "c'est une opportunité à saisir". L'efficacité des anticorps monoclonaux est maintenant bien décrite et plusieurs chercheurs appellent à leur développement.

Du plasma humain au génie génétique

Au départ, il y avait des anticorps purifiés à partir de plasma de personnes immunisées contre la maladie. Puis, ces anticorps dits monoclonaux, ont été fabriqués par génie génétique : ils sont dirigés spécifiquement contre la protéine Spike, la protéine-clé qui permet au virus de pénétrer dans les cellules humaines. Il faut les administrer le plus tôt possible pour neutraliser le virus et diminuer la charge virale chez les personnes qui sont le plus à risque de développer une maladie grave. Le variant anglais est également sensible à ces traitements.

De plus, les anticorps monoclonaux pourraient également être utilisés à titre préventif, annonce le professeur Michel Kazatchkine, membre du panel indépendant d'évaluation de la réponse mondiale à la Covid."Il y a un essai très important aux États-Unis, portant sur 900 personnes, dans des maisons de retraite. L'administration de ces anticorps de façon préventive a permis de diminuer de 80% le risque d'infection par la Covid, à la fois chez les résidents et chez le personnel soignant de cet établissement" explique l'immunologue.

Pour les personnes à haut risque, l'Académie de médecine demande d'accélérer le processus d'autorisation de ces médicaments en France. Le coût est élevé : environ 1.500 euros le traitement, mais une fabrication à plus grande échelle permettrait de faire baisser les prix.