Le ministre de la Santé Olivier Véran a annoncé, lors de sa conférence de presse ce jeudi, que la durée d'isolement sera allongée de 7 à 10 jours pour les personnes testées positives à la Covid-19, à compter de lundi. Elle restera à 7 jours pour les cas contact.

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a annoncé l'allongement de la durée d'isolement des personnes testées positives au virus de 7 à 10 jours.
Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a annoncé l'allongement de la durée d'isolement des personnes testées positives au virus de 7 à 10 jours. © AFP / Thomas Samson

"L'heure n'est pas au relâchement", mais à la "vigilance" face à la diffusion des variants du coronavirus. C'est ce qu'a annoncé le ministre de la Santé lors du point hebdomadaire sur la situation sanitaire, jeudi soir. Ainsi, pour éviter que "la digue lâche",  la durée d’isolement des personnes testées positives au SARS-CoV-2 passe de sept à dix jours à partir de lundi. Elle "restera, en revanche, de sept jours pour les cas contacts", a-t-il précisé. 

Début février, la durée d’isolement était déjà passée à dix jours pour les personnes contaminées par le variant sud-africain ou brésilien, avec un test PCR négatif nécessaire pour en sortir. Pourquoi cet allongement généralisé ? Olivier Véran répond que "certaines études scientifiques évoquent la possibilité que les variants puissent être responsables d'une durée de contagiosité plus importante que celle du Covid-19 classique".

Le variant britannique contagieux plus longtemps et plus tardivement ?

L'une des études à laquelle le ministre fait sans doute référence est celle publiée par des chercheurs de l’Université Harvard, le 10 février. Elle suggère que la diffusion rapide du variant britannique, dont la transmissibilité est accrue de 36% à 75% selon Santé publique France, ne serait pas due à une charge virale plus importante, mais plutôt à la durée de la contagiosité des malades.

Les chercheurs ont mené cette étude à partir de données issues de tests PCR pratiqués quotidiennement sur des joueurs, des membres de staff, mais également des employés d’équipes de NBA, la ligue de basket-ball américaine. Ils ont découvert que, chez les malades touchés par la mutation britannique, la durée globale moyenne de l’infection était de 13,3 jours, contre 8,2 jours pour les autres malades. 

Le "pic" de l'infection intervient également plus tard : 5,3 jours après la contamination pour les malades du variant britannique, contre deux jours seulement pour ceux contaminés avec la souche "historique" du virus. Enfin, le délai entre le pic de l’infection et le moment où le malade obtient un test négatif est plus long : 8 jours, au lieu de 6,2 jours pour les autres malades.

L'un des auteurs de l'étude, Yonatan H. Grad, professeur associé d'immunologie et de maladies infectieuses à la Harvard TH Chan School of Public Health, explique leurs résultats dans une série de tweets.

Le chercheur appelle lui-même les lecteurs à interpréter cette étude avec prudence. En effet, au total, seules 65 personnes ont participé à l’étude, dont sept contaminés par le variant britannique. D'autant qu'il ne s'agit pour l'instant que d'un "pre-print", c'est-à-dire que la publication n'est pas encore été validée par un comité d'évaluation.

Les contaminations par le variants pourraient devenir majoritaires en France

En tous cas, le variant britannique se diffuse rapidement en métropole. Quelle qu'en soit la raison, Santé publique France confirme qu'il est "plus transmissible". Dans son dernier point épidémiologique, l'agence indique que 36% des cas positifs correspondent à des variants britanniques. La proportion de variant britannique serait supérieure à 30% dans 40 départements. À Dunkerque, il représenterait même 72% des cas. Quant aux variants sud-africain ou brésilien, il représenteraient 5% des cas, et même 10% dans 8 départements.

Selon Guillaume Rozier, ingénieur en informatique, créateur du site CovidTracker, interrogé ce vendredi sur franceinfo, le variant anglais du Covid-19 "est en croissance a priori de 50% par semaine". Santé Publique France conclut que les variants "deviennent prédominants et une aggravation de la situation épidémiologique dans les prochaines semaines fait partie des scénarios à envisager".

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