Les tests font partie des meilleures armes pour faire reculer le Covid-19 : pourtant, seule une personne sur cinq qui présente des symptômes se fait dépister. En France, il faut compter cinq jours pour avoir des résultats, ce qui décourage certains malades, et porte un sérieux coup à l'efficacité du dépistage.

Test de dépistage du coronavirus à Villerupt, en Meurthe-et-Moselle le vendredi 19 juin
Test de dépistage du coronavirus à Villerupt, en Meurthe-et-Moselle le vendredi 19 juin © Radio France / Marc Bertrand

Selon une enquête de Santé Publique France, moins de 20 % des personnes qui présentent des symptômes se font tester. C'est pourtant la marche à suivre, recommandée par tous les médecins... Comment expliquer ce faible taux de tests ?

D'abord par le temps qu'ils prennent : trois jours pour avoir un rendez-vous, 48 heures ensuite pour avoir le résultat. Pour le professeur Karine Lacombe, infectiologue à l'hôpital Saint-Antoine, c'est bien trop long : elle s'inquiète d'un accès retardé au dépistage. "Ce n'est plus la disponibilité des tests qui pose problème, puisque maintenant on sait qu'on en a des millions et des millions", rappelle-t-elle. "En revanche, le problème c'est l'accès aux tests."

"Quand on fait une démarche de tests et qu'il faut au total cinq jours pour connaître son statut, là réside le problème du dépistage."

Pour les régions les plus encombrées, comme l'Île-de-France, il y a plusieurs raisons à ces délais. Lionel Barrand, président du Syndicat national des Jeunes Biologistes Médicaux, les détaille : "Actuellement, on a un manque de personnel, avec beaucoup de gens en vacances, des burn-outs puisque la période de ces quatre derniers mois a été extrêmement éprouvante. On a heureusement un arrêté qui vient de sortir et qui va permettre à nos techniciens de laboratoire de réaliser le prélèvement. Maintenant qu'ils sont habilités, ça va nous permettre d'aller beaucoup plus vite dans la prise de rendez-vous."

Des délais difficiles à réduire pour les cas asymptomatiques

Avec de plus en plus de demandes (environ 300.000 prélèvements par semaine), il faut aussi prioriser. "Pour les cas symptomatiques, ces personnes doivent être pris en charge le plus rapidement possible", précise Lional Barrand. "Pour les cas contact, ces personnes sont invitées à prendre rendez-vous au laboratoire plusieurs jours après, parce qu'il faut attendre que le virus devienne détectable."

Aujourd'hui, le message sanitaire est de se faire dépister au moindre symptôme : faciliter l'accès au dépistage est donc indispensable pour casser de nouvelles chaînes de transmission.

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