Même s'il est moins strict qu'au printemps, le confinement que vivent les Français vise à faire décroitre l'épidémie. Quand il est entré en vigueur jeudi dernier, le nombre de personnes infectées chaque jour était d'environ 50 000. Pour que l'épidémie soit sous contrôle, il faudrait diviser ce chiffre par 10.

Des passants le 31 octobre 2020 en plein reconfinement
Des passants le 31 octobre 2020 en plein reconfinement © AFP / Antoine Wdo / Hans Lucas

Comment arriver à une telle baisse, et surtout quand peut-on espérer y parvenir ? Difficile à dire, pour les modélisateurs. Démarré jeudi soir, le deuxième confinement est en théorie déjà efficace. Moins de déplacements, moins de regroupements : c'est une manière efficace de casser les chaines de transmission.

Pour autant, cette diminution des infections ne va pas apparaître tout de suite dans les données. Le pic épidémique n'a pas été atteint. Samuel Alizon, modélisateur au CNRS explique pourquoi : "Aujourd'hui, très vraisemblablement, le nombre de reproductions réelles (la croissance de l'épidémie) s'arrête. Le nombre de nouvelles infections diminue. Sauf que cet arrêt de l'épidémie, on ne va pas le voir tout suite : les infections que vous avez empêchées aujourd'hui, ce sont des réanimations que vous avez empêchées dans 10 à 18 jours."

À ce rythme, l'objectif serait atteint... juste avant Noël

À quelle vitesse le confinement va t-il agir ? Avant jeudi dernier, le nombre de contaminés quotidien était d'environ 50 000, et doublait tous les 13 jours. Maîtriser l'épidémie, selon le président de la République, c'est arriver à diviser par 10 le nombre de cas.

"On peut résumer un peu comme pour la croissance de l'épidémie", précise Samuel Alizon. "Ces derniers temps, elle doublait en taille à peu près toutes les deux semaines. Lors du premier confinement, l'épidémie se divisait par deux toutes les deux semaines aussi. Si on part sur cette vitesse, on voit que dans deux semaines, on aura moitié moins de nouveaux cas, dans un mois on aura un quart des nouveaux cas actuels, etc."

À ce rythme, on arriverait aux 5 000 nouveaux cas quotidiens juste avant Noël... À deux incertitudes près : ce confinement est moins strict que le premier, et on ne sait pas si les Français seront aussi disciplinés qu'au printemps.

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