Le gouvernement a décidé le 2e confinement au vu de la dégradation manifeste de la situation épidémique. Dans son bulletin hebdomadaire, basé sur les données consolidées de la semaine du 19 au 24 octobre, Santé Publique France souligne que la plus forte progression des contaminations a lieu chez les plus de 65 ans

Dans son bulletin épidémiologique, Santé Publique France n'a pas caché qu'il fallait s'attendre à un nombre d'hospitalisation et d'entrées en réanimation plus important encore dans les semaines à venir
Dans son bulletin épidémiologique, Santé Publique France n'a pas caché qu'il fallait s'attendre à un nombre d'hospitalisation et d'entrées en réanimation plus important encore dans les semaines à venir © Maxppp / Thierry NICOLAS

"La deuxième vague sera sans doute plus dure et plus meurtrière que la première" déclarait jeudi soir Emmanuel Macron en annonçant le deuxième confinement. Le chef de l'État n'a pas caché la dure réalité qui attend les soignants : près de 9 000 patients en réanimation à la mi-novembre "quoi que nous fassions". La date de mi novembre n'est pas prononcée au hasard : elle fait état du décalage systématique qui existe entre le moment où une personne est testée positive et la dégradation éventuelle de son état de santé qui peut la conduire à l’hôpital, parfois même en réanimation. Et pour la grande majorité, ces malades seront dans la tranche des 65 ans et plus

Dans son bulletin épidémiologique, Santé Publique France n'a pas caché qu'il fallait s'attendre à un nombre d'hospitalisation et d'entrées en réanimation plus important encore dans les semaines à venir. Le résultat des données consolidées de la semaine 43, soit celle du 19 au 24 octobre, le montre : "Il y a une très forte progression du nombre de cas confirmés chez cette catégorie là" a détaillé ce vendredi matin Christine Campèse, épidémiologiste à Santé Publique France, en précisant qu'il y avait 68% de cas supplémentaires chez les plus de 65 ans et 89% chez les 75 ans et plus. "Si l'on regarde par rapport à début septembre, on voit que le nombre de cas a été multiplié par 7 chez les 65-74 ans. Pour les hospitalisations, c'est 8 fois plus. Pour les réanimations 7 fois plus" dit-elle. 

Plus d'entrées en réanimation c'est aussi plus de décès à craindre

Ces augmentations conduiront mathématiquement à une augmentation du nombre de décès d'ici quelques semaines, toujours en raison du décalage dans les données. Selon le bulletin hebdomadaire, pas de changement sur le profil des victimes, toujours âgées de plus de 65 ans pour 9 sur 10 d'entre elles. 

Depuis le 19 octobre, il y a une remontée du nombre de morts parmi les résidents d'EHPAD. Deux régions sont particulièrement touchées: Auvergne Rhône Alpes et Provence Alpes Côte d'azur. 

Pourquoi certaines villes sont particulièrement touchées

Pour l'incidence, Saint Etienne atteint le taux record en semaine 43 de 1 145 cas/ 100 000 habitants, sans que les épidémiologistes ne puissent clairement en identifier la raison. Avec Lyon, Clermont-Ferrand et Grenoble, ce sont des villes densément peuplées, à forte présence étudiante, avec une importante porosité entre les classes d'âge, selon Patrick Rolland de SPF. L'épidémiologiste évoque également "un respect des mesures barrières plus difficile à mettre en oeuvre". Mais d'autres métropoles sont dans cette configuration et n'ont pas connu ce regain épidémique. Du moins pas lors de la première semaine de congés de la Toussaint. 

Actuellement, le nombre de cas double tous les 13 jours, selon Santé Publique France. La décrue, qui ne devrait pas commencer avant le pic épidémique de mi-novembre, prendra vraisemblablement le même tempo. Autant dire que pour atteindre les 5 000 cas par semaine, seuil de contrôle, il faudrait 10 semaines, selon ce calcul . 

Au delà de notre pays, toute l'Europe est vulnérable, souligne Santé Publique France. Et les indicateurs grimpent fort. En moyenne 33% de cas et 35% de décès. La Belgique est fortement impactée. 

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