Le laboratoire français s'associe avec les américains Johnson & Johnson et Pfizer, ainsi qu'avec l'allemand BioNTech, pour apporter son aide à leurs productions. Tandis qu'il poursuit l'étude de son propre vaccin, développé avec son partenaire britannique GSK.

Le laboratoire Sanofi apporte son aide à ses concurrents pour produire leurs vaccins.
Le laboratoire Sanofi apporte son aide à ses concurrents pour produire leurs vaccins. © AFP / Jörg Carstensen

Sanofi se remet en selle, en offrant son aide à ses concurrents faute de pouvoir proposer à ce stade son propre vaccin pour lequel il a lancé un nouvel essai clinique ce lundi. 

Pour apporter son aide à l'américain Johnson & Johnson, le laboratoire français sera en charge de la formulation et du remplissage des flacons sur son site de Marcy-l'Etoile, près de Lyon, à raison de 12 millions de doses par mois à partir du 3e trimestre de 2021, qui seront distribuées en France et dans d'autres pays européens. "On avait travaillé activement pour la production de vaccins sur ce site", s'est félicité de son côté Pascal Lopez, délégué syndical central FO chez Sanofi. "Tout le travail préparatoire avait commencé énormément en amont dans l'optique d'une production de vaccin Sanofi et aujourd'hui, ce travail n'est pas perdu, c'est ça qui est réjouissant."

Des partenariats pour répondre à l'urgence

Pour le directeur général de Sanofi, Paul Hudson, cet accord avec Johnson & Johnson "témoigne de la détermination de Sanofi à contribuer à l'effort collectif pour mettre fin à cette crise sanitaire le plus rapidement possible" et à faire "preuve de solidarité". Le vaccin Johnson & Jonhson pourrait recevoir son autorisation de l'agence européenne du médicament (AEM), d'ici mars. C'est un vaccin en deux doses, qui présente une efficacité de 66%.

La décision du laboratoire Sanofi de le produire en France est "une très bonne nouvelle" qui va "élargir l'offre" dans la campagne vaccinale, a salué lundi l'Élysée. Cette annonce a été faite par le groupe pharmaceutique français à l'issue d'un entretien entre Emmanuel Macron et le directeur général de Sanofi, Paul Hudson.

Dans ce contexte d'urgence lié à la pandémie, Sanofi avait déjà accepté de fabriquer, à partir de l'été, dans son usine allemande de Francfort, plus de 125 millions de doses du vaccin à ARN messager mis au point par Pfizer-BioNTech. Un vaccin en deux doses, efficace à plus de 95%, validé en décembre par l'AEM.

Sanofi "n'avait pas forcément d'intérêt à faire cela", a précisé un conseiller de l'Élysée. Mais il répond ainsi au souhait du chef de l'État qui, le 3 février, avait annoncé que plusieurs sites français démarreraient la production de vaccins à partir de début avril, dont ceux de Moderna et de Pfizer-BioNTech. Afin, avait-il ajouté, de pouvoir vacciner tous les adultes volontaires "d'ici la fin de l'été".

Sanofi poursuit les recherches sur son propre vaccin

Le laboratoire ne se veut pas en reste concernant sa propre fabrication. "Notre priorité absolue reste la fabrication de notre propre vaccin. Si on fait cette opération avec BioNTech ou Johnson & Johnson, c'est parce qu'on s'est assuré qu'on a par ailleurs la capacité de produire notre propre vaccin", insiste Thomas Triomphe, vice-président exécutif et responsable de Sanofi Pasteur. Le groupe annonce une nouvelle étude clinique dite "de phase 2" de son principal candidat-vaccin développé avec le britannique GSK et utilisant la technologie de la protéine recombinante, espérant le mettre à disposition au quatrième trimestre.

Ce vaccin était initialement prévu pour l'été 2020, mais en décembre dernier, Sanofi annonce que la réponse immunitaire sur les personnes âgées, principale cible, était trop faible, "en raison vraisemblablement d'une concentration insuffisante d'antigènes". Cette nouvelle étude de phase 2, menée sur 720 volontaires de plus de 18 ans aux États-Unis, au Honduras et au Panama, "évaluera le potentiel d'une formulation affinée d'antigènes dans le but d'obtenir une réponse immunitaire optimale, en particulier chez les adultes plus âgés", explique Thomas Triomphe. Si les données sont positives, une étude de phase 3, dernière étape avant la demande d'une autorisation de mise sur le marché, devrait débuter "en mai-juin" dans un "grand nombre de pays sur plusieurs continents", annonce-t-il. 

Sanofi aurait par ailleurs commencé des recherches sur les nouveaux variants, dont il intégrera les résultats dans les prochaines étapes du programme de développement de son vaccin développé avec GSK. Le laboratoire développe également un second candidat-vaccin avec la société américaine Translate Bio, reposant sur la technologie de l'ARN messager (utilisée par les vaccins déjà autorisés de Pfizer-BioNTech et de Moderna). Il entend commencer à tester ce vaccin sur des volontaires humains, dans une phase 1/2, en mars.