Les yeux qui piquent, le nez qui coule, la respiration qui siffle. Il y a de plus en plus d'allergiques et France et dans le monde, mais dans notre pays le dépistage est encore insuffisant et des menaces de déremboursement sur les traitements planent.

D'après la Société Française d'Allergologie, 20 à 30% de la population souffrent d'allergie
D'après la Société Française d'Allergologie, 20 à 30% de la population souffrent d'allergie © AFP / DP / Karl-Josef HILDENBRAND /

Combien d'allergiques il y a-t-il en France ? D'après la Société Française d'Allergologie, ce serait 20 à 30 % de la population.

Et ce n'est pas fini : l'OMS prédit que 50% de la population mondiale sera atteinte en 2050. La prise en charge pourtant, n'est pas encore au point. Le dépistage laisse encore à désirer, quant aux traitements, il y a menace aujourd'hui sur leur remboursement par l'assurance maladie.

Une rhinite allergique prise pour un simple rhume, un début d'asthme confondu avec une petite toux, l'errance peut durer. Il faut en moyenne sept ans pour se faire diagnostiquer une allergie. C'est long. 

En cas d'allergie sévère, on manque de centres experts, explique le professeur Professeur Jocelyne Just, qui préside la Société française d'allergologie : "Ceux qui ont à la fois une allergie respiratoire, une allergie alimentaire et une allergie cutanée, ça relève de centres experts hospitaliers qui existent, mais de façon très minoritaire. C'est un appel que je lance : il faut des centres de références des allergies sévères qui sont des maladies rares."

Pour tenter de se débarrasser de ces allergies, il existe des traitements de désensibilisation qui du point de vue des experts ont fait leurs preuves. Problème : la Haute autorité de santé ne les trouve pas assez efficaces et propose soit de les dérembourser, soit de réduire fortement leur taux de remboursement. Or ces traitements coûtent cher. Si la ministre de la santé écoute la Haute autorité, prévient le professeur Just, ce sera une perte de chance pour certains patients : "Le prix de la désensibilisation est en moyenne entre 500 à 1 000 euros par an. Si ce projet est mis en place, ça veut dire que la moitié des allergiques ne seraient pas désensibilisés car ils n'auraient pas les moyens puisque seule une moitié des mutuelles va payer le complément de la désensibilisation."

Et les allergologues mettent en garde : l'économie qui serait faite avec ces déremboursement n'en serait pas une, car un allergique non traité fera des crises plus sévères et donc plus chères pour l'assurance maladie.

La carte de vigilance des pollens
La carte de vigilance des pollens © Visactu
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