premier vol commercial européen en apesanteur
premier vol commercial européen en apesanteur © reuters

BORDEAUX (Reuters) - Quarante personnes soucieuses de réaliser leur rêve d'imiter les astronautes se sont envolées vendredi de l'aéroport de Bordeaux-Mérignac pour le premier vol commercial européen en apesanteur dans un Airbus A300 "Air Zero G".

Le Centre national d'études spatiales (CNES), sa filiale Novespace et la société Avico ont inauguré ce premier vol ouvert au grand public en Europe, qui a coûté à chacun des 34 hommes et six femmes présents à bord 5.980 euros pour deux heures en l'air.

Neuf d'entre eux sont les lauréats d'un concours organisé en janvier dernier par le CNES à l'attention des étudiants, enseignants et représentants des musées et CCSTI (centres de culture scientifique, technique et industrielle) partenaires.

La facture est lourde, mais bien moins que les 200.000 dollars (150.000 euros) facturés pour un vol suborbital par Virgin Galactic, la société du magnat britannique Richard Branson.

Ces vols consistent en des phases successives de montées vertigineuses et de descentes en piqué, des "paraboles" permettant de s'affranchir pendant quelques instants des lois de la gravité, entre deux paliers pour reprendre ses esprits.

Un programme de 15 paraboles, soit plus de 5 minutes de pesanteur réduite, est prévu, après quatre ans de préparation.

Encadrés par l'astronaute et président de Novespace Jean-François Clervoy, les 40 passagers auront droit à une parabole de pesanteur martienne (0,38g), deux paraboles de pesanteur lunaire (0,16g) et trois séries de quatre paraboles en apesanteur (0g) entrecoupées de pauses de 5 minutes.

Novespace avait jusque-là effectué des vols de ce type dans le cadre de recherches scientifiques. Un deuxième vol est prévu le 23 juin au Salon du Bourget. Les places sont déjà réservées.

Les places pour le troisième vol qui partira de Mérignac au mois d'octobre seront mises en vente à partir du 28 mars. Au total, la campagne 2013-2014 prévoit six vols, soit 240 places.

On peut voler à tout âge, à condition d'être majeur et d'avoir effectué une visite médicale similaire à celles que passent les pilotes d'avions privés.

Les astronautes d'un jour doivent suivre un briefing avant de pouvoir embarquer à bord. Une fois à bord d'"Air Zero G", ils pourront expérimenter la lévitation et manipuler des objets.

L'idée est de sensibiliser le grand public à la recherche spatiale, avait précisé en décembre dernier Jean-François Clervoy, astronaute de l'Agence spatiale européenne (ESA).

Le prix de cette folie spatiale couvrira tous les coûts de l'opération et la marge réalisée sera utilisée pour financer un avion du futur.

La fréquence de ces vols, qui s'ajouteront aux six vols annuels réservés à des missions scientifiques, pourrait augmenter à partir de 2015 en fonction de la demande.

Claude Canellas, édité par Yves Clarisse

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