La NASA envoie ce jeudi 3 juin une nouvelle cargaison de matériel, à destination de la Station spatiale internationale. Des petites bêtes vont rejoindre l’équipage de Thomas Pesquet.

Le vaisseau spatial de SpaceX s'envole du Kennedy Space Center en Floride, le 23 avril 2021
Le vaisseau spatial de SpaceX s'envole du Kennedy Space Center en Floride, le 23 avril 2021 © AFP / Aubrey Gemingnani

Cette fois, ce ne sont pas des humains qui arriveront à bord de l’ISS. La cargaison attendue par les astronautes de la station spatiale internationale est bien remplie. Des pommes, des oranges, des tomates cerise, des oignons, des citrons, des poivrons et des avocats. La fusée Falcon 9 de SpaceX décolle en fin de journée ce 3 juin depuis le Centre spatial Kennedy. Elle transportera également des nouveaux panneaux solaires, pour augmenter la quantité d’énergie à bord de l’ISS. Plus étonnant, des petites bestioles font partis du voyage : 128 bébés calamars luminescents, et 5 000 tardigrades. Les expériences scientifiques sont très sérieuses.

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Les tardigrades, résistants à toute épreuve

Ils sont aussi appelé oursons d’eau. Cela semble mignon, mais ce sont des bêtes invincibles, ou presque. Les tardigrades ont des faux airs de porcelets, grassouillets avec des bourrelets, huit pattes et des griffes. Ils sont microscopiques, et réputés pour résister à des situations extrêmes. Chaleur, dessèchement, gel, vide spatial, cet animal est capable de survivre dans l’espace, "à des quantités de rayonnement auxquelles nous ne pouvons pas, et ils peuvent vivre des semaines avec peu ou pas d'oxygène" explique Thomas Boothby, professeur adjoint de biologie moléculaire à l'Université du Wyoming.

Récemment, les tardigrades ont été transformés en projectile pour évaluer leur résistance mais aussi envoyé sur la Lune, mais la sonde s’est écrasée lors de l’atterrissage. Ils sont envoyés dans l’ISS pour comprendre comment ils s’adaptent à la vie en orbite. "Les vols spatiaux peuvent être éprouvant pour les organismes humains, par rapport à la vie sur Terre", explique le chercheur Thomas Boothby. "L'une des choses que nous souhaitons comprendre est comment les tardigrades survivent et se reproduisent dans ces environnements et si nous pouvons apprendre quelque chose pour adapter et protéger les astronautes."

Les tardigrades, ou ours d'eau, peuvent vivre dans les environnements les plus extrêmes.
Les tardigrades, ou ours d'eau, peuvent vivre dans les environnements les plus extrêmes. / Thomas Boothby, University of Wyoming

Les scientifiques espèrent identifier ces gènes qui permettent l’adaptation et la survie des tardigrades à la microgravité dans le temps long. "Par exemple, si les chercheurs trouvent que les tardigrades produisent beaucoup d'antioxydants, cela voudra dire qu'il faut en intégrer davantage dans le régime alimentaire des astronautes pour leur santé" explique Futura Sciences.

Les calamars, un système immunitaire proche de celui des humains

Une autre étude s’envole vers l’ISS. Les principaux acteurs sont des calamars microscopiques, de 3 millimètres. Leur spécificité : leur corps produit de lumière. Et cette pour cette raison que le calamar Bobtail, ou Euprymna scolopes, est si intéressant. Les calmars ont un système immunitaire très similaire à celui des humains. L’étude doit déterminer les relations symbiotiques entre les animaux et les bactéries, car ce petit animal vit avec une bactérie bioluminescente en lui. Jamie Foster, microbiologiste à l’Université de Floride, nous éclaire : "Les animaux, y compris les humains, dépendent de nos microbes pour maintenir un système digestif et immunitaire sain. Nous ne comprenons pas entièrement comment le vol spatial modifie ces interactions bénéfiques." 

Ces deux expériences ont un point commun, améliorer le système immunitaire du corps humain, en vue de voyages spatiaux sur de très longues distances, par exemple sur Mars. 

Des bébés calmars sont représentés nageant dans l'eau de mer peu de temps après l'éclosion.
Des bébés calmars sont représentés nageant dans l'eau de mer peu de temps après l'éclosion. / Jamie S. Foster, University of Florida