La sonde européenne Rosetta a entamé jeudi soir la dernière phase de sa mission pour s'écraser vendredi sur la surface du noyau de la comète Tchouri.

Une fois sur la comète Rosetta ne pourra plus communiquer avec la Terre
Une fois sur la comète Rosetta ne pourra plus communiquer avec la Terre © Getty / Elena Duvernay/Stocktrek Images

Fin de mission pour Rosetta. Jeudi soir, la sonde européenne a débuté une longue descente vers la comète Tchouri, jusqu'à s'écraser à la surface de son noyau vendredi, à la mi-journée.

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Après douze ans d'odyssée, et plus de 7 milliards de kilomètres parcourus, Rosetta va avoir pour mission de récolter un maximum d'informations pendant son dernier voyage.

Pourquoi faire s'écraser la sonde ?

Rosetta est équipée de panneaux solaires, ce qui lui a permis de voyager pendant si longtemps. Mais cela fait maintenant 26 mois que la sonde escorte la comète Tchourioumov-Guérassimenko qui s'éloigne du système solaire et se trouve désormais à plus de 700 millions de kilomètres de la Terre.

Par conséquent, Rosetta commence à puissance. L'Agence spatiale européenne (ESA) a donc décidé de mettre un terme à la mission tant qu'elle peut encore contrôler la sonde.

Seulement, la sonde Rosetta n'a pas été conçue pour atterrir et ne peut donc que s'écraser sur la comète. Les ingénieurs vont toutefois faire en sorte que l'impact soit le plus doux possible.

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Une descente de 14 heures

Jeudi soir, vers 22h50 (heure de Paris), la sonde, qui se trouvait à 20 kilomètres environ de la comète, a allumé ses propulseurs pendant trois minutes. Rosetta s'est ainsi placée sur une trajectoire qui mènera vers une collision avec Tchouri, issue d'une lente descente de plus de 14 heures, à une vitesse de 30 centimètres par seconde au début de la descente.

Rosetta accélérera ensuite en raison de l'attraction de la comète et atteindra sur la fin 90 centimètres par seconde (3,2 km/heure), d'après les calculs du Centre européen d'opérations spatiales (ESOC). L'impact final est attendu vers 12h40 (heure de Paris), mais il faudra ensuite 40 minutes pour que la Terre soit informée. L'ESOC devrait donc avoir la confirmation de l'impact vers 13h20, à plus ou moins 20 minutes près.

►►►ÉCOUTER | "Chute libre, en douceur, pour Rosetta" : les explications de Sophie Bécherel, envoyée spéciale à Darmstadt (ALLEMAGNE)

►►► Pour suivre les derniers instants de Rosetta, un événement est organisé vendredi matin à la Cité des Sciences, à Paris, et à la Cité de l'Espace, à Toulouse. Vous pouvez également poser vos questions au CNES avec le mot-dièse #AskRosetta

Rosetta va se poser sur une zone située sur la tête de la comète qui comporte des "puits", sortes de dépressions circulaires larges et profondes, d'où s'échappent parfois des jets de gaz et de poussières. Grâce à ses instruments de mesures qui seront tous allumés pendant la descente, le professeur de physique Jean-Pierre Bibring, responsable scientifique en charge de Philae, espère "voir sur les flancs de ces puits des structures qui pourraient remonter à la période pendant laquelle la comète s'est formée et qui donneraient des indications sur l'évolution primordiale du système solaire".

La sonde a été programmée pour s'éteindre dès qu'elle entrera en contact avec la surface du noyau cométaire et ne pourra plus communiquer avec la Terre car elle n'aura plus les moyens d'orienter son antenne principale, une fois arrivée au sol.

Une mission à 1,4 milliard d'euros

La mission Rosetta, décidée en 1993 par l'Agence spatiale européenne, vise à mieux comprendre la formation du système solaire. Les comètes, apparues il y a 4,5 milliards d'années, font partie des objets les plus primitifs de ce système. La mission, qui a coûté 1,4 milliard d'euros, a permis de récolter une riche moisson de données qui vont donner du grain à moudre aux scientifiques pendant plusieurs années.

Elle a été marquée par les péripéties du robot-laboratoire Philae qui a réalisé une première historique en se posant pour la première fois sur une comète, le 12 novembre 2014. Silencieux depuis juillet 2015, il a été localisé début septembre par la sonde.

Douze ans de mission et de nombreuses découvertes
Douze ans de mission et de nombreuses découvertes © AFP / Alain BOMMENEL Paz PIZARRO
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