Un espoir pour les personnes atteintes de paralysie : une équipe internationale de chercheurs est parvenue à faire remarcher des primates hémiplégiques.

Des neuro-implants permettent à des singes de remarcher.
Des neuro-implants permettent à des singes de remarcher. © Radio France / Hillary Sanctuary - DR

Une équipe internationale de chercheurs de l'école polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), en Suisse, est parvenue à faire remarcher des primates hémiplégiques. Ils ont retrouvé le contrôle de leurs jambes grâce à une neuroprothèse, installée sur leur moelle épinière et reliée à leur cerveau. Toute l'expérience est publiée dans la prestigieuse revue scientifique Nature, et un essai clinique chez l'homme va démarrer prochainement.

Une prouesse qui pourrait permettre à terme aux personnes paralysées de retrouver l'usage de leurs membres. D'ailleurs, un essai clinique sur l'homme va démarrer prochainement.

Un "pont" entre la moelle épinière et le cerveau

Les singes qui ont bénéficié de la neuroprothèse étaient hémiplégiques, c'est-à-dire que l'une de leur jambe ne répondait plus aux ordres du cerveau, car leur moelle épinière, la transmission principale entre le cerveau et le reste du corps, avait été endommagée. Les neurones du cortex moteur qui, habituellement, envoient des signaux électriques aux muscles des jambes par l'intermédiaire de la moelle épinière, ne parviennent plus à transmettre l'information, comme si le circuit était coupé. Pour rétablir le courant, les chercheurs ont créé un pont sans fil entre le cerveau et la moelle épinière.

Explication du fonctionnement de ces neuroprothèses.
Explication du fonctionnement de ces neuroprothèses. © Radio France / EPFL - DR

"Lorsqu'il y a contusion ou section de la moelle épinière, l'information est bloquée. (...) Donc, il s'agit de restaurer l'existence de ce pont qui auparavant était physique. Cette fois-ci, cela devient électronique, sans fil, pour restaurer cette voie de communication", décrit Erwan Bezard chercheur à l'Inserm, l'institut national de la santé et de la recherche médicale.

Bientôt un test sur huit humains

Un implant est ainsi installé dans le cerveau du singe. Ce composant électronique miniature lit les intentions du primate, puis les envoie à un ordinateur qui les décode. Ensuite, via une liaison sans fil, c'est-à-dire via bluetooth, l'ordinateur commande un stimulateur composé d'électrodes qui activent les muscles.

Un composant, installé dans le cerveau, transmet les informations aux muscles via bluetooth.
Un composant, installé dans le cerveau, transmet les informations aux muscles via bluetooth. © Radio France / Hillary Sanctuary - DR

Grégoire Courtine, qui coordonne cette recherche à l'EPFL, explique qu'"il y a vraiment une interface entre le cerveau et la moelle épinière. On décode l’intention motrice en temps réelle, cette intention motrice est envoyée vers le stimulateur, qui induit le mouvement désiré de l'animal. Donc c'est vraiment l'animal qui se stimule lui-même de façon à réutiliser son membre paralysé d'une manière qui est quasiment normale pour une marche de base."

Ce système va maintenant être testé sur huit personnes hémiplégiques. À terme, il n'est pas exclu que des paraplégiques puissent en bénéficier.

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