L'annonce d'un nouveau foyer épidémique à bord d'un navire de croisière en Polynésie a conduit à confiner les passagers dans leur cabine. Comme en février à bord du Diamond Princess dont des chercheurs disent aujourd'hui qu'il a suffi d'une seule personne pour en contaminer 700.

Les chercheurs de l'Institut Japonais des maladies infectieuses sont parvenus à remonter le fil d'Ariane de la contamination des passagers du Diamond Princess
Les chercheurs de l'Institut Japonais des maladies infectieuses sont parvenus à remonter le fil d'Ariane de la contamination des passagers du Diamond Princess © AFP / The Yomiuri Shimbun / Yoshitaka Nishi

C'est un cas d'école pour les épidémiologistes. À bord du Diamond Princess, 3711 passagers dont, au final, 697 seront contaminés par le SARS-COV 2 et sept en mourront. Et l'histoire de ce navire de croisière, le premier où début février 2020, des personnes ont été testées positives au virus, a permis de recueillir tant d'informations qu'elles ont donné lieu à une trentaine d'études scientifiques

Compte tenu de l'âge des croisiéristes et de leur origine sociale, ce cas d'école ne saurait représenter ce qui se passe à l'échelle d'une région ou d'un pays. Mais pour d'autres lieux clos de contamination, l'équipe à l'origine de l'étude publiée dans PNAS estime que l'histoire est riche d'enseignements.

Les génomes comparés 

Les chercheurs de l'Institut Japonais des maladies infectieuses sont parvenus à remonter le fil d'Ariane de la contamination des passagers. Selon eux, une seule personne a joué le rôle de l'allumette. Sur les presque 900 prélèvements naso-pharyngés mis à leur disposition, ils ont retenu les 148 positifs au virus. Le génome de ces virus a été séquencé puis comparé. Ce qui a permis de reconstituer un arbre généalogique des ARN. On appelle ça la phylogénétique.

Tous les virus avaient en commun la même mutation, preuve qu'ils émanaient d'un seul contaminateur au départ. Le Diamond Princess avait été mis en quarantaine par les autorités japonaises le 3 février, deux jours après que le patient de 80 ans débarqué à Hong Kong a été testé positif au SARS-COV 2. Avant le confinement en cabine, c'est probablement - selon ces scientifiques- dans les espaces de loisirs que les contagions ont commencé quand ces touristes "dansaient, chantaient, faisaient leurs courses ou assistaient à des spectacles" selon les auteurs de l'article paru dans PNAS. La quarantaine aurait permis d'éviter 2 000 autres contaminations, même si on sait qu'ensuite, des passagers débarqués et rapatriés dans leur pays ont contribué à essaimer le virus.

Gouttelettes dans l'air, un mode de contamination avéré

Parmi les autres études issues du Diamond Princess, celle pas encore revue par les pairs qui souligne que dans le cas de ce paquebot, la contamination a eu lieu en grande partie par des gouttelettes microscopiques, suffisamment légères pour être transportées dans l'air. La contagion via le flux d'air n'est donc pas totalement exclue de la chaîne de transmission du virus, selon ces chercheurs du centre de santé environnementale de l'École de santé publique de Boston.

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