Une équipe de chercheurs a analysé deux météorites et trouvé du "ribose" : un sucre indispensable à la vie. La découverte étaye donc la théorie selon laquelle un bombardement de météorites aurait contribué aux premières traces de vie sur Terre.

La découverte accrédite la théorie selon laquelle un bombardement de météorites aurait contribué aux premières traces de vie sur Terre.
La découverte accrédite la théorie selon laquelle un bombardement de météorites aurait contribué aux premières traces de vie sur Terre. © AFP / Walter B. Myers / Novapix / Leemage

Des sucres indispensables à la vie sur Terre, venus tout droit de l’espace. C’est ce qu’a découvert une équipe internationale de chercheurs, en analysant très minutieusement la constitution de météorites. Deux météorites ont été étudiées par l’équipe de chercheurs : l’une nommée "Murchinson", tombée en 1969 en Australie. L’autre, plus récente, s’appelle "NWA 801" et s’est écrasée en 2001 en Amérique du Nord. Des travaux publiés dans la revue scientifique Proceedings of the National Academy of Science

Du sucre indispensable à la vie 

Parmi les sucres détectés, l'arabinose, le xylose, mais surtout, le ribose : un élément indispensable pour construire des blocs d’acide ribonucléique (ARN). Il s'agit d'une molécule biologique présente chez pratiquement tous les êtres vivants, chimiquement très proche de l’ADN. L'ARN est en fait venu avant l'ADN, chez les toutes premières formes de vie terrestre. C'est une molécule qui a la capacité, contrairement à l'ADN, de se dupliquer d'elle-même. La découverte accrédite donc la théorie selon laquelle un bombardement de météorites aurait contribué aux premières traces de vie sur Terre.

"Cette recherche apporte la première preuve concrète de ribose dans l’espace et de sa livraison sur Terre", explique Yoshihiro Furukawa, qui a dirigé l'étude. "Le sucre extraterrestre pourrait donc avoir contribué à la formation de l’ARN sur la Terre primitive et avoir ainsi mené à l’origine de la vie."

"Il est remarquable qu'une molécule aussi fragile que le ribose ait pu être détectée dans un matériau aussi ancien", souligne de son côté Jason Dworkin, co-auteur de l'étude, dans un communiqué de presse de la NASA. L'équipe de chercheurs compte maintenant approfondir ses recherches, analyser davantage de météorites, pour avoir une meilleure idée de la quantité de ces sucres extraterrestres. 

De nombreuses substances organiques dans l'espace

Près de 140 différentes molécules organiques ont déjà été identifiées dans l'espace. En 2016, l'opération Rosetta avait permis de détecter sur une comète de la glycine, un acide aminé ainsi que du phosphore, élément capital de l'ADN et des membranes de cellulaires. C'est Rosina, le spectromètre de Rosetta, en orbite autour du noyau de la comète 67P/Churyumov–Gerasimenko, qui avait identifié ces substances.

Et en 2016 toujours, France Inter vous parlait d'une découverte analogue : des scientifiques de l'Institut de chimie de Nice (CNRS/Université Nice Sophia Antipolis) avaient analysé une comète, créée artificiellement, et détecté plusieurs sucres dont le fameux ribose.

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