Thomas Similowski est pneumatologue, il était invité au micro de Mathieu Vidard. À cette occasion, il a expliqué à l'antenne quelques maux respiratoires.

Quand la respiration vascille...
Quand la respiration vascille... © Getty / Loubie Lou

Dispnée

TS : C'est essoufflement en langage commun. Vous sentez que vous respirez [ce qui, déjà, n'est pas normal : vous devriez respirer sans en avoir conscience] et en plus, ça vous inquiète. C'est l'équivalent d'une douleur, beaucoup de patients disent d'ailleurs "Ma respiration me fait mal". C'est le symptôme de toutes les maladies respiratoires.

Le cerveau en est modifié. Chez un patient qui a une maladie respiratoire chronique et qui est facilement essoufflé, le fait de regarder un escalier, d'entendre le mot "escalier", ça va activer dans son cerveau les zones de la dyspnée. Il va commencer à souffrir alors qu'il est toujours dans son fauteuil à regarder son escalier.

  • Impact psychologique : ça angoisse, ça fait peur, ça déprime. Ça va changer la vision que vous avez de votre vie ; vous allez être obligé de changer votre vie pour pouvoir continuer à fonctionner.
  • L'activation respiratoire rentre en compétition avec des taches cognitives. Par exemple, dans notre labo, on a montré que si je rends quelqu'un expérimentalement dyspnéique, je rends sa respiration difficile, sa capacité à faire un petit test très simple comme "je me lève, je fais 3 pas, je fais demi tour et je vais me rasseoir" : plus il va être essoufflé, moins il va être capable de faire ce test correctement. Pire : quand il va s'imaginer faire ce test, il va être moins rapide dans sa tête à cause de l'essoufflement.

Syndrome d'ondine

(ou hypoventilation alvéolaire centrale congénitale)

TS : C'est une maladie génétique très rare : des patients qui ont une mutation qui fait que ces centres automatiques qui gèrent, entre autre, la respiration, sont mal développés et fonctionnent mal. Et lorsque ces patients dorment, ils arrêtent de respirer.

De façon très étonnante, quand ils sont éveillés, ça fonctionne. Ce qui veut bien dire que "l'autre cerveau", le cortex cérébral, va contribuer à la respiration. Il y a de l'automatisation, ils ne sont pas obligés de penser en permanence à respirer. Mais s'ils font quelque chose de très concentré, un jeu à l'ordinateur ou du calcul mental, ils vont s'arrêter de respirer et leur oxygène va baisser dans le sang.

Dans ces cas-là, une assistance respiratoire est nécessaire la nuit.

Aller plus loin

► ECOUTER | l'entretien complet de Thomas Similowski au micro de Mathieu Vidard dans La Tête au carré

► LIRE | le dossier complet consacré à la respiration dans le magazine Cerveau & Psycho
 

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